Hashim Thaçi condamné à 25 ans de prison à La Haye pour crimes de guerre commis pendant le conflit au Kosovo
Hashim Thaçi condamné à 25 ans de prison à La Haye pour crimes de guerre commis pendant la guerre du Kosovo.
Les Chambres spécialisées pour le Kosovo, un tribunal établi au sein du système judiciaire kosovar mais installé à La Haye, ont condamné mercredi 16 septembre 2026 l’ancien président Hashim Thaçi à 25 ans de prison pour crimes de guerre. La décision concerne des faits commis pendant le conflit du Kosovo, entre 1998 et 1999, alors que l’Armée de libération du Kosovo (UCK) affrontait les forces serbes.
Quatre chefs de crimes de guerre retenus
Le panel de juges internationaux a reconnu Hashim Thaçi coupable de quatre chefs d’accusation : arrestation ou détention arbitraire, traitement cruel, torture et meurtre. Le tribunal a prononcé une peine unique de 25 ans d’emprisonnement, en tenant compte de la période déjà passée en détention provisoire à La Haye.
Au cours de la lecture du verdict, le juge président Charles Smith a indiqué que l’ancien responsable politique de l’UCK avait participé aux crimes et encouragé leur commission. Hashim Thaçi, vêtu d’un costume sombre, d’une chemise blanche et d’une cravate, a écouté la décision sans réaction apparente.
Le procès, ouvert en avril 2023, portait sur des violences commises contre des civils et des personnes considérées comme opposées à l’UCK. L’accusation avait évoqué des meurtres, des actes de torture, des persécutions et des détentions illégales dans plusieurs lieux du Kosovo ainsi que dans le nord de l’Albanie. Les victimes présumées comprenaient notamment des Serbes, des Roms et des Albanais du Kosovo.
Le conflit kosovar, qui s’est achevé en 1999 après l’intervention de l’Otan et le retrait des forces serbes, a fait environ 13 000 morts selon les estimations couramment citées. Le tribunal juge toutefois la responsabilité pénale des accusés sur la base des faits et des éléments de preuve présentés au procès, et non l’ensemble du bilan de la guerre.
Une figure centrale de l’indépendance du Kosovo
Hashim Thaçi occupait une position importante au sein de la direction politique de l’UCK pendant le conflit. Après la guerre, il s’est imposé comme l’un des principaux dirigeants du Kosovo. Il a été Premier ministre, puis président du territoire entre 2016 et 2020.
Son inculpation, confirmée en 2020, l’avait conduit à démissionner de la présidence. Il s’était ensuite rendu à La Haye, où il avait été placé en détention. L’ancien président a toujours contesté les accusations portées contre lui et peut faire appel de la décision rendue en première instance.
Le verdict concerne également trois autres anciens responsables de l’UCK, Kadri Veseli, Rexhep Selimi et Jakup Krasniqi, jugés dans la même procédure. Les procureurs avaient requis une peine pouvant atteindre 45 ans de prison à l’encontre de chacun des quatre accusés.
Au Kosovo, la condamnation a suscité de vives réactions. Pour une grande partie de la population albanaise, Thaçi et l’UCK restent associés à la lutte contre la domination serbe et à la déclaration d’indépendance du Kosovo. Le Premier ministre Albin Kurti a qualifié le jugement d’« injustice inacceptable », tandis que les soutiens de l’ancien président dénoncent une procédure qui, selon eux, ne tient pas suffisamment compte du contexte de la guerre.
Une source à apprécier avec prudence
L’article d’origine rapporte correctement les principaux éléments du verdict, mais il ne cite pas explicitement ses sources. Cette absence limite la possibilité de vérifier immédiatement certaines informations, notamment les déclarations attribuées au juge, le détail des faits reprochés et le nombre de victimes.
Les informations centrales ont toutefois été confirmées par plusieurs sources de niveau élevé, dont les Chambres spécialisées pour le Kosovo et l’agence Associated Press. La source institutionnelle est la plus fiable pour le contenu juridique du jugement, tandis qu’une agence internationale reconnue apporte un compte rendu indépendant de l’audience et des réactions. Les déclarations politiques, comme celle d’Albin Kurti, doivent en revanche être présentées comme des prises de position et non comme une évaluation juridique de la décision.