Fillette retrouvée morte à Blois les enquêteurs examinent la piste dune intoxication médicamenteuse au domicile de son père
À Blois, le parquet examine la piste d’une intoxication médicamenteuse après la mort d’une fillette de cinq ans au domicile de son père.
Une fillette retrouvée morte au domicile de son père
Une fillette de cinq ans a été retrouvée morte lundi, en fin de journée, au domicile de son père, à Blois, dans le Loir-et-Cher. Deux jours plus tard, mercredi 23 septembre, le parquet a livré les premiers éléments de l’enquête, tout en rappelant que les circonstances exactes du drame doivent encore être établies.
Selon le procureur de Blois, Stéphane Javet, l’enfant aurait vraisemblablement été victime d’une « intoxication médicamenteuse ». À ce stade, cette hypothèse repose notamment sur les constatations réalisées après la découverte du corps. Le parquet n’a toutefois pas communiqué, dans les éléments cités, la nature des médicaments concernés ni les résultats définitifs des examens médico-légaux.
Le père de la fillette, âgé de 42 ans, a également été retrouvé grièvement blessé dans le logement. D’après le procureur, il aurait tenté de mettre fin à ses jours en « s’infligeant plusieurs coups de couteau ». Son corps présentait « de nombreuses entailles », notamment au niveau de la gorge. Pris en charge dans un état critique, il n’était pas encore en mesure d’être placé en garde à vue au moment des déclarations du parquet.
L’hypothèse d’un infanticide suivi d’une tentative de suicide
Au regard des premiers éléments recueillis, le procureur a indiqué que « l’hypothèse la plus vraisemblable demeure celle d’un infanticide suivi d’une tentative de suicide ». Cette formulation ne constitue pas une conclusion judiciaire, mais une orientation donnée à l’enquête à partir des indices disponibles à ce stade.
Stéphane Javet a précisé qu’un placement du père en garde à vue était envisagé « dès que cela [serait] envisageable », compte tenu de son état de santé. Cette mesure doit permettre aux enquêteurs de recueillir sa version des faits et de vérifier les circonstances ayant précédé la mort de l’enfant. Les investigations devront également déterminer si une autre personne a pu intervenir, même si aucun élément allant dans ce sens n’est mentionné dans les informations communiquées.
Les constatations effectuées sur le corps de la fillette constituent un autre élément important du dossier. Contrairement à son père, elle ne présentait « pas de lésions traumatiques sur le corps », selon le parquet. Cette absence de blessures visibles oriente les enquêteurs vers l’hypothèse d’une intoxication, mais seuls les examens toxicologiques et médico-légaux pourront confirmer ou infirmer cette piste.
Un contexte familial déjà signalé aux autorités
Le drame survient dans un contexte de séparation et de tensions entre les parents de l’enfant. Ceux-ci, séparés depuis 2024, entretenaient des rapports décrits comme difficiles. Le parquet évoque un « conflit familial aigu » ayant conduit un juge des enfants à ordonner une mesure d’assistance éducative en milieu ouvert.
Cette mesure vise à accompagner une famille tout en maintenant l’enfant dans son environnement habituel. Elle peut être décidée lorsque la santé, la sécurité ou les conditions d’éducation d’un mineur sont considérées comme exposées à un danger. Elle ne signifie pas nécessairement que l’enfant est retiré à ses parents : son objectif est notamment de soutenir la famille et de veiller à la protection du mineur.
La présence d’un tel dispositif dans le parcours de la famille devra être examinée par les enquêteurs, mais elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer si le drame pouvait être évité ni d’établir une éventuelle responsabilité. Ces questions relèvent de l’enquête et, le cas échéant, de l’autorité judiciaire.
Des éléments à confirmer par les expertises
Les informations disponibles proviennent principalement des déclarations du procureur de Blois, une source judiciaire directement chargée de communiquer sur l’avancée de la procédure. À ce titre, il s’agit d’une source de première main et d’un interlocuteur particulièrement fiable pour rapporter les constatations officielles et les orientations retenues par le parquet.
Cette fiabilité doit toutefois être distinguée du caractère définitif des hypothèses évoquées. Le parquet s’exprime au début de l’enquête, avant la fin des expertises et avant toute décision de justice. Les éléments concernant l’intoxication médicamenteuse, le déroulement précis des faits et l’intention du père restent donc susceptibles d’évoluer. La présomption d’innocence s’applique également à ce dernier, tant qu’il n’a pas été définitivement condamné.