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Affaire Alexis Kohler : le parquet requiert un non-lieu dans le dossier des liens familiaux avec l’armateur MSC

Alexis Kohler pourrait bénéficier d’un non-lieu dans l’affaire MSC après les réquisitions du parquet. Le juge d’instruction doit encore décider.

Le parquet demande l’abandon des poursuites

Le Parquet national financier (PNF) a requis un non-lieu en faveur d’Alexis Kohler dans l’enquête portant sur de possibles prises illégales d’intérêts liées à ses relations familiales avec l’armateur MSC. L’annonce, faite à l’Agence France-Presse le 23 septembre, ouvre la dernière phase d’une procédure qui s’est étendue sur plusieurs années et a marqué le premier quinquennat d’Emmanuel Macron.

La décision finale appartient désormais au juge d’instruction. Celui-ci peut suivre les réquisitions du parquet et prononcer un non-lieu, mettant ainsi un terme au dossier, ou estimer que les éléments réunis justifient un renvoi devant un tribunal. À ce stade, aucune de ces deux issues n’est donc définitive.

Alexis Kohler, âgé de 53 ans au moment des faits rapportés, a été mis en examen en 2022 dans cette affaire. Il est aujourd’hui directeur général adjoint de la Société générale. Proche d’Emmanuel Macron, il a également été directeur de cabinet du futur chef de l’État lorsque celui-ci était ministre de l’Économie, avant de devenir secrétaire général de l’Élysée, fonction qu’il a occupée de 2017 à 2025.

Des décisions publiques au cœur des soupçons

L’enquête porte sur la participation supposée d’Alexis Kohler, alors haut fonctionnaire, à plusieurs décisions concernant le groupe franco-italien MSC. La société est dirigée par la famille Aponte, dont certains membres sont les cousins de la mère de l’ancien secrétaire général de l’Élysée.

La question judiciaire consistait notamment à déterminer si ces liens familiaux auraient dû conduire Alexis Kohler à se déporter de certains dossiers ou à prendre des précautions particulières dans l’exercice de ses fonctions. La mise en examen signifie que les juges d’instruction estimaient disposer d’indices graves ou concordants justifiant la poursuite des investigations, mais elle ne constitue pas une déclaration de culpabilité.

La défense de l’intéressé soutient qu’il s’est toujours tenu à l’écart des décisions relatives à MSC. Elle affirme également qu’il avait informé ses supérieurs de l’existence de liens familiaux qu’elle décrit comme « très au-delà de ses obligations déontologiques ». Dans un communiqué publié fin 2024, ses avocats faisaient valoir que personne n’avait été favorisé par son comportement et qu’aucun enrichissement personnel ne lui était reproché.

Emmanuel Macron avait, de son côté, exprimé à plusieurs reprises sa confiance envers Alexis Kohler. À la mi-2019, alors que l’affaire suscitait déjà une controverse, le président avait adressé une note personnelle au PNF. Il y assurait que son directeur de cabinet de l’époque, à Bercy, n’était jamais intervenu dans des dossiers liés à MSC. Cette initiative avait provoqué des critiques, certains y voyant une intervention inédite du chef de l’État dans une procédure judiciaire.

Une procédure lancée après les révélations de presse

L’association anticorruption Anticor avait déposé plainte en 2018, après la publication d’articles de Mediapart évoquant un possible conflit d’intérêts. En 2020, l’association avait obtenu l’ouverture d’une information judiciaire en se constituant partie civile.

Jean-Baptiste Soufron, avocat ou représentant cité pour Anticor dans le dossier, a vivement contesté les réquisitions du PNF. Selon lui, le parquet chercherait depuis le début de l’affaire à empêcher qu’un juge puis un tribunal indépendants examinent publiquement les faits. Cette réaction reflète la position d’une partie civile opposée à l’abandon des poursuites et ne préjuge pas de la décision du magistrat instructeur.

Des sources de nature différente

Les informations attribuées au PNF et transmises à l’AFP constituent les éléments les plus solides de l’article : le parquet est directement compétent pour formuler les réquisitions, tandis que l’Agence France-Presse est une source journalistique reconnue, même si son dépêche n’est pas reproduite intégralement ici. Les déclarations de la défense sont utiles pour présenter la position d’Alexis Kohler, mais elles relèvent nécessairement d’une stratégie de communication et doivent être distinguées des constatations judiciaires.

La note d’Emmanuel Macron apporte un éclairage sur son soutien à son ancien collaborateur, sans établir à elle seule la réalité des interventions reprochées. Enfin, les révélations de Mediapart ont contribué au déclenchement de la procédure, mais les articles de presse constituent des sources à l’origine de l’enquête, non une décision de justice. La fiabilité de l’ensemble repose donc sur la confrontation de ces éléments avec le dossier judiciaire, dont l’issue reste suspendue à la décision du juge d’instruction.

La rédaction de Commons

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