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Jean-Philippe Tanguy se défend après avoir prononcé une formule associée au slogan nazi des camps de concentration

Jean-Philippe Tanguy se défend après avoir utilisé la formule travail rend libre, associée au slogan nazi des camps de concentration.

Une formule associée aux camps nazis au cœur de la polémique

Jean-Philippe Tanguy rejette les accusations portées contre lui après la diffusion d’un court extrait de son discours prononcé le week-end dernier à Vierzon, dans le Cher. Dans cette séquence vidéo d’environ deux secondes, largement relayée sur les réseaux sociaux, le député du Rassemblement national affirme : « Oui, le travail rend libre. »

La phrase a immédiatement suscité de nombreuses réactions, en raison de sa proximité avec le slogan nazi « Arbeit macht frei », généralement traduit par « Le travail rend libre ». Cette inscription figurait notamment à l’entrée du camp d’Auschwitz, ainsi que de plusieurs autres camps de concentration nazis. Utilisée par le régime hitlérien, elle est devenue un symbole de la propagande et du système concentrationnaire, dans lequel le travail forcé a été imposé aux déportés dans des conditions meurtrières.

Le député a contesté l’idée d’avoir volontairement repris une référence nazie. Interrogé mercredi 23 septembre sur Europe 1 et CNews, il a dénoncé une polémique fondée, selon lui, sur une phrase sortie de son contexte. Jean-Philippe Tanguy assure qu’il s’agissait d’un passage isolé d’une allocution d’environ trente minutes consacrée au rôle du travail dans l’émancipation individuelle.

Jean-Philippe Tanguy invoque le contexte de son discours

Selon sa propre explication, son intervention portait sur la possibilité, pour les salariés disposant d’un revenu suffisant, de se loger et de gagner en autonomie. Il a également fait référence aux acquis sociaux issus de la Résistance. « C’était un discours sur le fait qu’avec un bon salaire, si on peut se payer un logement, et grâce aux acquis sociaux de la Résistance, les individus pouvaient s’émanciper et acquérir une liberté », a-t-il déclaré.

Invité à dire s’il regrettait l’emploi de cette formule, le député a répondu qu’il ne regrettait pas d’être accusé de « n’importe quoi ». Il a néanmoins adressé des excuses aux personnes ayant une histoire familiale marquée par la persécution nazie, ainsi qu’aux victimes de l’antisémitisme. Il a précisé que ces excuses ne portaient pas sur le contenu de ses propos, qu’il jugeait légitime, mais sur le fait que cette phrase ait pu heurter certaines personnes.

Jean-Philippe Tanguy a aussi déclaré respecter la souffrance des familles touchées par les crimes nazis. Dans le même temps, il a estimé qu’il ne fallait pas abandonner aux groupuscules néonazis l’idée selon laquelle le travail et les droits sociaux peuvent contribuer à l’émancipation. Il a enfin affirmé que Nicolas Sarkozy avait déjà employé une formulation comparable dans un discours et présenté le thème du travail comme un sujet régulièrement abordé en philosophie.

Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national, a adopté une position similaire. Interrogé sur France 2, il a considéré que la séquence avait été extraite de son contexte et a déclaré n’avoir aucune critique à formuler contre Jean-Philippe Tanguy.

Une polémique qui repose sur une séquence très courte

La controverse oppose donc deux lectures. Les détracteurs du député soulignent la charge historique extrêmement forte de l’expression, aujourd’hui indissociable de son utilisation par le régime nazi. Ses soutiens mettent en avant le sens général du discours, consacré au travail comme facteur d’autonomie économique et sociale. À partir d’un extrait de deux secondes, il reste toutefois difficile d’établir l’intention exacte de l’orateur sans disposer de l’intégralité de la vidéo et de son contexte précis.

Sur la fiabilité des sources, l’article d’origine s’appuie principalement sur les déclarations directes de Jean-Philippe Tanguy recueillies par Europe 1 et CNews, ainsi que sur une intervention de Louis Aliot sur France 2. Ces médias permettent d’établir ce que les responsables politiques ont effectivement déclaré, mais leurs interviews ne suffisent pas, à elles seules, à trancher la question de l’intention ou de la portée historique de la formule.

Le récit relayé par l’Agence France-Presse et publié par Le Parisien constitue une source journalistique plus solide pour présenter les faits connus : le lieu, la date, la durée de l’extrait et les réponses du député. En revanche, l’interprétation de la séquence doit rester prudente. Le fait que l’expression soit historiquement associée aux camps nazis est bien établi ; l’intention de Jean-Philippe Tanguy, elle, relève de son explication et ne peut être déduite avec certitude du seul extrait diffusé.

La rédaction de Commons

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