Élections en Israël : le bloc de Nétanyahou en tête sans majorité, les partis arabes en position décisive pour former un gouvernement
Les élections israéliennes placent Nétanyahou en tête, mais sans majorité. Découvrez les résultats et le rôle des partis arabes dans les négociations.
Le camp de Benyamin Nétanyahou arrive en tête, mais sans majorité pour gouverner. Les résultats des élections législatives israéliennes publiés dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre 2026 attribuent 53 sièges à sa coalition de droite et d’extrême droite, contre 48 au bloc d’opposition conduit par le centriste Gadi Eisenkot. Les deux listes arabes, Raam et la Liste unifiée, totalisent 19 élus. Cette répartition laisse ouverte la bataille pour la formation du prochain gouvernement.
Une première place qui ne suffit pas à gouverner
Avec 27 députés, le Likoud de Benyamin Nétanyahou demeure le premier parti de la Knesset. Mais cette position ne permet pas à la coalition sortante de conserver, à elle seule, le contrôle du Parlement : elle reste sous le seuil de 61 sièges correspondant à la majorité absolue dans une assemblée de 120 membres. Le chiffre de 58 sièges figurant dans le résumé initial est donc erroné : le total confirmé est bien de 53.
Le bloc de Gadi Eisenkot ne dispose pas davantage d’une majorité autonome. Ses 48 sièges le placent derrière le camp du Premier ministre, sans toutefois fermer la possibilité d’une autre combinaison parlementaire. Le scrutin distingue ainsi deux enjeux : arriver en tête et réunir suffisamment de soutiens pour former un gouvernement. À ce stade, aucun des deux principaux blocs ne peut résoudre seul cette seconde équation.
Les listes arabes au centre de l’équation parlementaire
La percée des listes Raam et de la Liste unifiée constitue l’autre résultat majeur du scrutin. Leurs 19 sièges leur donnent un poids potentiellement décisif dans les discussions à venir. Elles pourraient contribuer à faire émerger une majorité, mais leur résultat électoral ne préjuge ni de leur participation à une coalition ni des accords qu’elles pourraient conclure avec d’autres formations.
Sur le seul plan arithmétique, leurs élus ajoutés aux 48 députés du bloc Eisenkot représenteraient 67 sièges. Cette addition ne constitue cependant pas un accord de gouvernement. Elle explique pourquoi ces formations sont décrites comme de possibles arbitres, sans permettre d’annoncer une alternance acquise. La constitution d’un exécutif dépendra des négociations politiques, et non de la seule répartition des mandats.
Des accusations de fraude à distinguer des faits établis
Ces résultats s’accompagnent d’une controverse sur la régularité du scrutin. Jeudi, le camp de Benyamin Nétanyahou a relayé des accusations de fraude visant les formations arabes. Des responsables et des médias ont notamment évoqué de possibles financements étrangers destinés à influencer le vote. Ces accusations ne doivent pas être présentées comme des faits démontrés.
Le Shin Bet, service de renseignement intérieur, a confirmé une enquête sur des soupçons d’irrégularités, tout en soulignant qu’elle ne devait pas servir à mettre en cause une communauté entière ayant exercé légalement son droit de vote. Gadi Eisenkot a, de son côté, accusé Benyamin Nétanyahou d’utiliser ces soupçons pour délégitimer les résultats. L’existence d’investigations ne suffit donc pas à établir les accusations politiques.
La Commission électorale a également indiqué que certaines informations diffusées étaient infondées. Elle a précisé que l’enquête se poursuivait parallèlement à son propre travail et qu’elle n’affecterait pas les résultats finaux transmis au président. Il convient ainsi de distinguer les soupçons examinés par les enquêteurs de la validité du décompte électoral annoncé.
Des consultations à venir, des sources à hiérarchiser
Les résultats doivent être officiellement remis mercredi au président Isaac Herzog. Celui-ci consultera ensuite les chefs des partis représentés à la Knesset avant de désigner une personnalité chargée de tenter de former un gouvernement. Des tractations difficiles pourraient s’étendre sur plusieurs semaines. Si elles échouent, de nouvelles élections restent possibles, mais cette issue n’est pas acquise.
Sur le plan des sources, la Commission électorale est l’autorité compétente pour le décompte et la transmission des résultats, recoupés ici dans plusieurs comptes rendus de presse concordants. Le Shin Bet renseigne sur l’existence et le périmètre d’une enquête, pas sur une culpabilité établie. Enfin, les déclarations des camps politiques sont des prises de position intéressées : elles doivent rester attribuées, particulièrement lorsque les responsables et médias évoqués ne sont pas précisément identifiés dans le texte initial.