En Espagne Emmanuel Macron défend une Europe plus efficace face à la fatigue démocratique et à la montée des forces extrêmes
À Madrid, Emmanuel Macron appelle l’Europe à agir contre la fatigue démocratique et à mieux encadrer les réseaux sociaux.
Emmanuel Macron a consacré sa visite d’État en Espagne à un plaidoyer pour une Europe capable de répondre à la fatigue démocratique et à la progression des forces dites « extrêmes ». À Madrid, le président français a défendu une réponse fondée sur l’investissement, la reprise du contrôle des plateformes numériques et une plus grande efficacité de l’action publique européenne.
Une visite d’État placée sous le signe de l’Europe
Arrivé à Madrid pour une visite de deux jours, Emmanuel Macron était accompagné de son épouse, Brigitte Macron. Le couple présidentiel a été accueilli au palais royal par le roi Felipe VI et la reine Letizia, en présence du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez. La cérémonie s’est déroulée selon le protocole prévu pour une visite d’État, avec escorte de la garde royale à cheval, fanfare militaire et coups de canon. Un dîner de gala réunissant les deux délégations a également été organisé dans la soirée.
Mais l’essentiel du déplacement s’est joué lors d’un débat organisé à l’Université Complutense de Madrid. Le chef de l’État français y a exposé son analyse de la crise démocratique qui traverse, selon lui, plusieurs pays européens. Il a notamment insisté sur la perte de confiance d’une partie des citoyens envers les institutions et sur la progression de formations politiques proposant des réponses présentées comme plus rapides, mais souvent simplificatrices.
Emmanuel Macron a d’abord établi un lien entre cette crise et la désindustrialisation. À ses yeux, les économies européennes n’ont pas tenu la promesse d’une amélioration continue du niveau de vie pour l’ensemble de la population. Cette déception aurait ensuite été renforcée par les transformations démographiques du continent. L’immigration, utilisée pour compenser une partie du vieillissement de la population, aurait contribué à déstabiliser certains équilibres sociaux et politiques, en remettant en cause des consensus établis.
La promesse d’une démocratie plus efficace
Le président français a également dénoncé une crise de l’efficacité démocratique. La complexité des processus de décision, la longueur des procédures et la multiplication des contre-pouvoirs peuvent, selon lui, donner le sentiment que les institutions sont incapables d’agir rapidement. Ce constat nourrirait une forme de fascination pour les régimes autoritaires, perçus comme plus directs et plus efficaces, même si leurs méthodes reposent sur une concentration du pouvoir.
Dans ce contexte, Emmanuel Macron estime que les mouvements « démagogiques » et les « extrêmes » bénéficient d’un avantage politique : ils proposent des solutions simples à des problèmes complexes et promettent des résultats immédiats. Le président français a par ailleurs souligné le rôle des réseaux sociaux et de leurs algorithmes, dont le fonctionnement manque, selon lui, de transparence. Ces plateformes peuvent accélérer la diffusion des messages les plus polarisants et accentuer la fragmentation du débat public.
Pour y répondre, il a appelé à « reprendre le contrôle » des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle. Cette question constitue l’un des axes de son action en fin de mandat. Emmanuel Macron souhaite notamment interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, malgré les difficultés juridiques que soulève une telle mesure. Pedro Sanchez défend une proposition comparable pour les moins de 16 ans. Le président français a donc présenté cette question comme une bataille qui doit être menée à l’échelle européenne.
Des intérêts communs, mais aussi des désaccords
Le lendemain, Emmanuel Macron et Felipe VI devaient ouvrir un forum économique franco-espagnol. Le président français devait ensuite rencontrer Pedro Sanchez au palais de la Moncloa, avant une conférence de presse commune. Les deux dirigeants, arrivés au pouvoir à quelques années d’intervalle et attachés à une orientation pro-européenne, n’ont toutefois jamais affiché une proximité politique particulière.
Paris espérait néanmoins obtenir le soutien de Madrid dans les négociations européennes, notamment sur l’augmentation du budget de l’Union et sur l’éventualité d’un recours à l’emprunt commun. Plusieurs États membres, dont l’Allemagne selon l’article, s’opposeraient à une hausse trop importante des dépenses européennes.
La visite a enfin été marquée par un revers diplomatique. Le Sénat espagnol a rejeté la ratification du traité d’amitié franco-espagnol signé par Emmanuel Macron et Pedro Sanchez à Barcelone en 2023. Cette décision, portée par la droite espagnole, a constitué une ombre au tableau d’un déplacement largement consacré à la défense du projet européen.
Fiabilité des sources : l’article d’origine ne cite ni média, ni document officiel, ni lien permettant de vérifier les déclarations rapportées. Les éléments protocolaires et politiques sont présentés comme des faits, mais leur fiabilité ne peut pas être pleinement évaluée à partir du seul texte fourni. Les propos attribués à Emmanuel Macron devraient être confrontés à une retranscription officielle ou à un compte rendu direct de l’Université Complutense. La mention de la ratification du traité et les détails relatifs aux négociations européennes nécessiteraient également une vérification auprès de sources institutionnelles espagnoles, françaises ou européennes.