Jordan Bardella accuse Mediapart et dénonce une offensive politique contre le Rassemblement national après une enquête controversée
Jordan Bardella conteste l’enquête de Mediapart sur des propos antisémites et annonce une riposte judiciaire contre le média.
Jordan Bardella dénonce une offensive politique et judiciaire
Le Rassemblement national fait bloc autour de Jordan Bardella. Au lendemain de la publication d’une enquête de Mediapart l’accusant d’avoir tenu des propos antisémites, le président du parti a dénoncé, mardi 29 septembre, les « prémices d’une guerre totale » contre sa formation politique. Il a choisi une stratégie de défense fondée sur un démenti catégorique et sur une riposte judiciaire.
Devant les députés de son groupe à l’Assemblée nationale, Jordan Bardella a annoncé le dépôt de plusieurs plaintes contre Mediapart. L’une pourrait être déposée pour diffamation. Une autre viserait des faits de faux et d’usage de faux, « s’il y a des éléments écrits » publiés par le site d’investigation, a-t-il précisé. Ces annonces restent toutefois conditionnées à l’examen des documents et des éléments présentés dans l’enquête.
Le dirigeant du RN a également évoqué une possible tentative de déstabilisation de sa campagne présidentielle. Selon lui, de nouvelles accusations pourraient être publiées dans les prochaines semaines, dans le cadre d’une opération « très certainement préparée depuis plusieurs mois ». Il a dénoncé une « tentative d’assassinat politique » destinée à mettre fin à sa carrière.
Jordan Bardella a assuré que son parti ne se laisserait pas intimider et chercherait à établir « qui est derrière cette manipulation ». Cette réaction traduit la volonté du RN de présenter l’affaire comme une offensive coordonnée contre sa progression électorale, plutôt que comme une controverse portant uniquement sur les propos qui lui sont attribués.
Le soutien de Marine Le Pen et la réponse de Mediapart
Marine Le Pen a immédiatement apporté son soutien au président du parti. Elle a exprimé sa « confiance absolue » en Jordan Bardella, auquel elle entend confier les clés de Matignon en cas de victoire à l’élection présidentielle. La députée a promis que le Rassemblement national ne « se laisserait pas faire » et qu’il répondrait aux accusations publiées.
Dans une formule particulièrement offensive, Marine Le Pen a déclaré que Mediapart devrait « enfiler son costard en Kevlar », estimant que le média ferait face à une réponse à la hauteur de son comportement. Cette déclaration a suscité de nouvelles critiques, certains responsables politiques y voyant une forme d’intimidation à l’égard de la presse.
Mediapart a rejeté les accusations de manipulation et répondu que cette charge « illustre la violence sidérante de cette extrême droite qui se prétend propre sur elle ». De son côté, la députée écologiste Léa Balage a annoncé son intention de saisir la justice, considérant que les propos tenus par Marine Le Pen pouvaient « ressembler à des menaces de mort ». À ce stade, le texte fourni ne permet pas de connaître les suites judiciaires éventuelles de cette démarche.
Une controverse qui ravive les critiques sur le RN
Les réactions politiques ont rapidement dépassé le seul affrontement entre le Rassemblement national et Mediapart. Plusieurs adversaires du parti ont estimé que cette affaire confirmait, selon eux, la persistance de fondamentaux idéologiques malgré la stratégie de normalisation engagée par le RN.
Raphaël Glucksmann a déclaré que « l’extrême droite restera toujours l’extrême droite » et qu’aucune « agence de communication » ni aucun « ravalement de façade » ne pourraient modifier cette réalité. Il a également rappelé les origines historiques du parti, en évoquant la présence d’antisémites et de racistes parmi ses fondateurs.
La cheffe des députés de La France insoumise, Mathilde Panot, a résumé sa critique par la formule : « Une cravate ne lave pas de l’antisémitisme. » François Ruffin a estimé que « le fond remonte », tandis que Jean-François Copé, membre des Républicains, a appelé à ce que « les masques tombent ».
Des sources à apprécier avec prudence
L’enquête de Mediapart constitue la source à l’origine de la controverse, mais le texte fourni ne détaille ni la nature des documents consultés, ni les méthodes de vérification employées, ni les réponses précises de Jordan Bardella aux accusations. Les faits rapportés doivent donc être distingués des interprétations et des réactions politiques.
Les déclarations du président du RN, de Marine Le Pen, de Mediapart et des responsables politiques cités sont des prises de position publiques, marquées par leurs intérêts ou leur appartenance partisane. Elles éclairent l’intensité de la bataille politique, mais ne suffisent pas, à elles seules, à établir la réalité des faits contestés. Seules une vérification indépendante des éléments publiés et, le cas échéant, les décisions de la justice permettront d’en apprécier pleinement la portée.