Jordan Bardella conteste les accusations de messages antisémites et met en cause les preuves publiées par Mediapart
Messages antisémites Bardella : il conteste les preuves de Mediapart et annonce de nouvelles démarches judiciaires.
Jordan Bardella maintient sa contestation après la publication par Mediapart de messages à caractère antisémite qui lui sont attribués. Lors d’une conférence de presse consacrée aux grandes orientations budgétaires du programme présidentiel de Marine Le Pen, le président du Rassemblement national a adopté un ton offensif à l’égard du média d’investigation. Il a rejeté « formellement » les accusations et annoncé qu’il entendait poursuivre la bataille sur le terrain judiciaire.
Une contestation ferme des éléments publiés
Interrogé par Mediapart pendant cette conférence de presse, organisée mardi 6 octobre, Jordan Bardella a répondu directement à la question du média. « J’imagine que vous auriez adoré me voir poser le genou à terre, mais c’est très mal me connaître », a-t-il déclaré, selon le récit de l’article d’origine. Le député européen a ensuite affirmé contester à la fois les preuves présentées et les sources utilisées par Mediapart.
« Je conteste vos preuves et je conteste vos sources », a-t-il ajouté, avant de renvoyer le dossier devant la justice. Cette déclaration s’inscrit dans la continuité de la réaction engagée après la publication des articles mettant en cause des messages qui lui sont attribués. Jordan Bardella a déjà indiqué avoir déposé plainte pour diffamation.
Le responsable du RN a également évoqué la possibilité de nouvelles démarches judiciaires à la suite du second article publié par Mediapart le jeudi précédent. Ce texte contenait, d’après l’article fourni, une extraction de conversations présentée comme provenant de Meta, la maison mère de Facebook. Cette extraction aurait été réalisée le 16 août, puis certifiée par un huissier de justice le 29 septembre.
La question de l’accès aux conversations Facebook
Pour répondre aux accusations, Jordan Bardella a insisté sur sa situation personnelle vis-à-vis de Facebook. Il a assuré ne plus disposer de compte sur ce réseau social et a donc déclaré ne pas être en mesure de demander lui-même l’extraction de conversations qui y seraient associées.
« Je n’utilise plus Facebook depuis très longtemps », a-t-il expliqué. Le président du RN a toutefois reconnu l’existence d’une page liée à son activité politique, tout en précisant qu’elle serait administrée par le service de communication du parti. Il a distingué cette page d’un compte personnel, affirmant ne pas en détenir actuellement.
Cette précision constitue l’un des principaux arguments avancés par Jordan Bardella pour contester les éléments publiés. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de déterminer l’origine ou l’authenticité des messages évoqués. L’existence d’une page gérée par une équipe de communication et l’absence alléguée de compte personnel ne suffisent pas non plus à établir définitivement les circonstances dans lesquelles des conversations auraient été conservées ou extraites.
Des sources à apprécier avec prudence
Les informations citées dans l’article reposent principalement sur deux types de sources : les déclarations publiques de Jordan Bardella et les éléments attribués à Mediapart, notamment une extraction de conversations présentée comme fournie par Meta et certifiée par un huissier. Les déclarations du responsable politique sont directement pertinentes pour rendre compte de sa position, mais elles relèvent naturellement de sa stratégie de défense et ne constituent pas, à elles seules, une vérification indépendante des faits.
De son côté, Mediapart est présenté comme le média à l’origine des révélations. L’article fourni ne reproduit toutefois ni l’intégralité des messages, ni la méthodologie employée, ni les documents techniques permettant d’évaluer de manière autonome l’extraction évoquée. La certification par un huissier peut attester l’existence ou la conservation d’un document à une date donnée, mais elle ne permet pas nécessairement, à elle seule, de trancher toutes les questions relatives à son origine, à son contexte ou à l’identité de son auteur.
À ce stade, il convient donc de distinguer clairement les faits établis par les déclarations publiques rapportées, les éléments avancés par Mediapart et les accusations contestées par Jordan Bardella. La fiabilité définitive des messages et leur éventuelle portée juridique devront être appréciées à partir des pièces disponibles et, le cas échéant, dans le cadre des procédures judiciaires annoncées.