Laurent Nuñez dément toute fuite dans l’affaire Rima Hassan, tandis que LFI réclame la démission du ministre de l’Intérieur
Fuite Laurent Nuñez : le ministre dément toute implication dans l’affaire Rima Hassan, après les révélations de Complément d’enquête.
Laurent Nuñez nie toute implication dans une prétendue fuite
Laurent Nuñez conteste avoir joué un rôle dans la diffusion d’informations inexactes concernant Rima Hassan. Interrogé jeudi 17 septembre par des députées de La France insoumise, lors d’une commission spéciale consacrée à la loi intégrale sur les violences sexuelles, le ministre de l’Intérieur a fermement rejeté l’idée d’avoir organisé une fuite auprès de la presse.
« Je n’ai organisé aucune fuite », a-t-il déclaré, expliquant avoir été interrogé « en off » par des journalistes alors que l’eurodéputée insoumise se trouvait en garde à vue. Selon Laurent Nuñez, les médias disposaient déjà de nombreuses informations sur la procédure en cours. « Ils ont toutes les informations, je ne sais pas comment ils les ont eues », a-t-il affirmé, assurant qu’il se trouvait alors en déplacement.
Le ministre a également rejeté l’interprétation avancée par les élues de LFI, qui estimaient que certaines informations avaient pu être transmises ou validées par son entourage. « Contrairement à ce que vous laissez entendre, on n’a absolument pas organisé ces fuites », a-t-il insisté devant la commission.
Une information erronée au cœur de la polémique
Cette controverse intervient après la diffusion, sur France 2, d’un numéro de Complément d’enquête consacré aux circonstances de la garde à vue de Rima Hassan, survenue au printemps à Paris. Le magazine revient sur l’emballement médiatique qui avait entouré l’audition de l’eurodéputée de La France insoumise.
D’après les éléments présentés dans l’émission, plusieurs médias auraient relayé l’information selon laquelle des produits stupéfiants auraient été retrouvés dans les affaires de Rima Hassan. Cette affirmation s’est ensuite révélée inexacte. Le reportage soutient que cette rumeur aurait, au moins en partie, été alimentée par des informations provenant du ministre de l’Intérieur lui-même.
Le sujet ne met toutefois pas seulement en cause la circulation d’une information fausse. Il interroge également les conditions dans lesquelles des renseignements liés à une procédure en cours ont pu parvenir à des journalistes, ainsi que la responsabilité des responsables publics dans leur transmission ou leur validation. Sur ce point, Laurent Nuñez maintient qu’il n’a pas organisé de communication clandestine et qu’il ignorait l’origine exacte des informations détenues par les médias.
La situation est d’autant plus sensible que le ministre avait lui-même, selon le récit rapporté dans l’article d’origine, exprimé publiquement ses regrets après la diffusion de fuites dans la presse. Cette contradiction apparente nourrit les critiques de ses adversaires, qui lui reprochent de ne pas assumer un rôle éventuel dans la circulation de l’information.
LFI réclame la démission du ministre
À la suite des révélations de Complément d’enquête, La France insoumise a demandé la démission de Laurent Nuñez. Le mouvement estime que le ministre doit « tirer les conséquences de la gravité des faits mis en lumière ». Pour les députés insoumis, les révélations sont particulièrement préoccupantes puisque Laurent Nuñez avait auparavant déclaré regretter les fuites médiatiques.
Cette demande politique repose cependant sur des éléments qui, dans le texte fourni, sont attribués à un reportage et à des déclarations de témoins, sans que leur identité, leur fonction ni le contenu précis de leurs témoignages ne soient détaillés. Il convient donc de distinguer les faits établis — la garde à vue de Rima Hassan, la circulation d’une information erronée et le démenti public du ministre — des accusations portant sur l’origine exacte de cette information.
Des sources à apprécier avec prudence
La principale source citée est Complément d’enquête, magazine d’investigation diffusé par France 2. Il s’agit d’un média audiovisuel reconnu, disposant de moyens éditoriaux et d’un cadre journalistique professionnel. Toutefois, un reportage télévisé constitue une source secondaire : sa fiabilité dépend de la qualité des documents consultés, de la diversité des témoignages recueillis et de la possibilité, pour les personnes mises en cause, de répondre aux accusations.
Dans l’article d’origine, les affirmations du ministre sont, elles, rapportées directement à partir de son intervention devant une commission. Elles présentent donc un intérêt important pour établir sa position, mais ne permettent pas, à elles seules, de déterminer l’origine réelle de la fuite. Quant aux déclarations de La France insoumise, elles doivent être considérées comme la réaction d’un acteur politique directement impliqué dans la controverse. À ce stade, le rôle exact de Laurent Nuñez dans la diffusion de l’information inexacte reste donc contesté et demande à être étayé par des éléments indépendants.