Manifestations en Tunisie avant la présidentielle : des "libertés piétinées"
Manifestations en Tunisie contre les atteintes aux libertés
Des centaines de personnes ont pris part à une manifestation en Tunisie, jeudi 3 octobre, pour protester contre ce qu’elles considèrent comme des atteintes aux libertés depuis le coup de force du président Kaïs Saïed en 2021. Les manifestants, au nombre d’environ 800 selon un décompte sur place de l’AFP, ont scandé des slogans tels que « Ni peur ni terreur, le pouvoir est entre les mains du peuple » en défilant sur l’avenue principale de Tunis. La société civile dénonce une augmentation des violations des droits et libertés, avec des arrestations d’opposants et des restrictions sur les financements étrangers reçus par les associations.
Une loi controversée sur les « fausses nouvelles » a notamment été critiquée pour être utilisée afin d’emprisonner des opposants, des syndicalistes, des avocats et des commentateurs politiques. Selon Human Rights Watch, plus de 170 personnes sont actuellement détenues en Tunisie pour des motifs politiques ou pour avoir exercé leurs droits fondamentaux. Les associations de défense des droits de l’homme dénoncent également une répression croissante sous le régime de Kaïs Saïed.
Appel au boycott de l’élection présidentielle
Les manifestants ont appelé au boycott de l’élection présidentielle prévue pour le dimanche suivant, qualifiant le processus de sélection des candidats de « mascarade ». Ils critiquent le président Saïed pour avoir restreint la liste des candidats à seulement trois sur les 17 initialement en lice, en rendant difficile l’obtention des parrainages nécessaires, en emprisonnant des candidats potentiels et en écartant d’autres prétendants sérieux. Certains manifestants ont brandi des pancartes dénonçant le régime en place comme une « répression et dictature » et dénonçant la « fête électorale transformée en coup d’État ».
Parmi les protestataires se trouvaient de nombreux jeunes militants des droits de l’homme et des artistes, dont l’actrice Leila Chebbi, qui a déclaré : « Kaïs Saïed a piétiné les libertés. Je boycotte des élections qui enfreignent la loi et ne sont pas légitimes. » La forte présence policière lors de la manifestation, avec des unités anti-émeutes et des camions à eau déployés pour encadrer le défilé, montre la tension persistante entre le gouvernement et les citoyens qui revendiquent leurs droits.
Il est crucial de continuer à surveiller l’évolution de la situation en Tunisie et l’impact des manifestations sur le pays. Les appels à plus de transparence, de respect des droits de l’homme et de démocratie doivent être pris en compte par les autorités pour éviter une escalade de la crise politique actuelle.