À Lens, le parquet estime conforme le tir de grenade qui a mutilé un lycéen, mais l’enquête n’a pas établi comment l’explosion l’a atteint
Tir de grenade à Lens : le parquet estime le geste conforme, mais l’IGPN poursuit ses investigations sur les circonstances de l’explosion.
Le tir de grenade policière qui a arraché la main d’un lycéen de 15 ans, lundi 5 octobre 2026 à Lens, dans le Pas-de-Calais, a été effectué selon le mode opératoire préconisé, estime le parquet de Béthune. Cette appréciation, communiquée vendredi 9 octobre par le procureur Étienne Thieffry, repose sur les premiers éléments de l’enquête. Elle ne lève toutefois pas les incertitudes concernant les circonstances exactes de l’explosion et de la blessure.
La mère de l’adolescent, entendue jeudi 8 octobre, a déposé plainte pour les blessures subies par son fils. Celui-ci demeure hospitalisé. Son audition par les enquêteurs doit intervenir lorsque son état de santé le permettra, après autorisation du corps médical, selon les informations rapportées par le procureur. Son récit n’est donc pas encore présenté dans les éléments rendus publics.
Une conformité du tir annoncée sur la base des premiers éléments
Les investigations ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale, l’IGPN. D’après le parquet, le CRS ayant utilisé la grenade disposait de l’habilitation nécessaire et a agi sur ordre de son commandement. Le procureur indique également que le geste correspondait aux modalités préconisées dans la documentation de formation. Il s’agit de la position exprimée par le parquet à ce stade, et non d’une conclusion permettant de reconstituer à elle seule toute la scène.
La distinction est essentielle pour comprendre cette annonce : les informations concernant l’habilitation du policier, l’ordre reçu et l’exécution du tir portent sur l’utilisation de la grenade. La question de savoir comment l’adolescent a été atteint reste, elle, au cœur des investigations. Le texte initial rapporte simultanément une appréciation sur le mode opératoire et une incertitude sur l’enchaînement des faits. Ces deux éléments doivent être conservés sans présenter le premier comme une réponse définitive au second.
Le moment de l’explosion reste à éclaircir
Les enquêteurs ne disposent pas de vidéo permettant de voir l’explosion elle-même, selon le procureur. Cette précision ne signifie pas qu’aucune image de l’événement n’existe : elle concerne le moment décisif où la grenade a explosé. En l’absence d’une séquence montrant cet instant, la communication du parquet s’appuie notamment sur les témoignages recueillis.
Selon la synthèse qu’en donne Étienne Thieffry, les témoignages convergent, à une exception près, vers un même déroulement : la grenade aurait été tirée à longue distance, soit environ 80 mètres, puis serait tombée au sol. Plusieurs manifestants s’en seraient ensuite approchés et l’un d’eux l’aurait saisie avant qu’elle n’explose. Ce scénario est celui rapporté par le parquet à partir des déclarations recueillies ; il doit donc rester explicitement attribué à cette source.
L’existence d’un témoignage divergent invite à ne pas parler d’unanimité. Le contenu de cette déclaration n’est pas détaillé dans l’article fourni, pas davantage que le nombre total de personnes entendues. Il serait donc injustifié de préciser la nature de la divergence ou d’en évaluer la portée. L’enquête cherche toujours à déterminer si le lycéen a ramassé la grenade ou si celle-ci a atterri sur lui, une alternative déjà évoquée par le procureur le jour des faits.
Une source officielle solide, mais une information encore partielle
Le texte repose principalement sur les déclarations d’un interlocuteur nommé : le procureur de Béthune. Cette attribution constitue un point fort pour identifier l’origine des informations concernant la plainte, l’hospitalisation et l’avancement des investigations. Le Progrès, dans un article signé avec l’AFP, rapporte les mêmes éléments. Cette publication permet de vérifier la restitution de la communication du parquet, sans constituer pour autant un témoignage indépendant sur l’explosion.
La fiabilité doit ainsi être appréciée selon ce qui est affirmé. La communication officielle documente la position du parquet ; elle ne remplace ni l’accès aux témoignages complets ni une image du moment où l’adolescent a été blessé. Les comptes rendus du Parisien et de LCP publiés le 5 octobre relayaient déjà l’incertitude exprimée par le magistrat sur ce point. La formulation la plus rigoureuse consiste donc à distinguer les faits rapportés, le scénario privilégié et les questions encore ouvertes, sans attribuer prématurément une responsabilité à l’adolescent ou au policier.