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ASE : 32 200 jeunes majeurs pris en charge fin 2024 (+7 %) - loi Taquet et afflux de MNA mettent sous tension l’hébergement, l’accompagnement vers l’autonomie et l’harmonisation départementale

La DREES recense 32 200 jeunes majeurs pris en charge par l'ASE fin 2024. Lire notre analyse des conséquences pour l'hébergement, l'autonomie et les

La hausse du nombre de jeunes majeurs pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) se confirme et interroge: fin 2024, 32 200 jeunes âgés de 18 à 21 ans se trouvaient encore sous la responsabilité de l’ASE, soit une augmentation de 7 % sur un an, selon les chiffres publiés le 4 septembre par la DREES (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). Cette progression, note la DREES, tient à la fois à « un nombre plus élevé de mineurs accueillis les années précédentes » — notamment des mineurs étrangers non accompagnés (MNA) — et aux effets de la loi Taquet de février 2022 qui « a renforcé la prise en charge des jeunes majeurs ». Les éléments chiffrés soulèvent des enjeux concrets pour les services sociaux, les familles d’accueil et les politiques publiques locales.\n\n

Un phénomène en partie lié aux mineurs étrangers non accompagnés

\n\nLes MNA et les ex-MNA devenus majeurs constituent une part importante du dispositif: au total, 46 300 d’entre eux étaient recensés fin 2024, représentant environ un cinquième des jeunes suivis par l’ASE. Si le nombre de mineurs MNA pris en charge a légèrement diminué (-3 % sur un an, à 29 200), leur effectif a triplé entre 2015 et 2024, signe d’une évolution structurelle sur la décennie. Parallèlement, le nombre d’ex-MNA maintenus dans la prise en charge après leur majorité a augmenté de 6 % en un an.\n\nCette dynamique s’inscrit dans un contexte où la question de l’accueil et de l’orientation des MNA reste au cœur des débats — à la fois pour des raisons humanitaires et administratives —, et où la transition vers l’autonomie des jeunes sortant de l’ASE nécessite des dispositifs d’hébergement, d’accompagnement éducatif et d’insertion professionnelle souvent coûteux et difficiles à mettre en place de manière homogène sur le territoire.\n\n

Mesures en cours et répartition des prises en charge

\n\nAu total, 402 400 mesures relevant de l’ASE étaient actives fin 2024. La moitié environ (55 %) concerne des accueils hors du domicile familial — en famille d’accueil ou en établissement — tandis que 45 % consistent en actions éducatives au sein de la famille. Le volume global de mesures est resté stable sur un an (+1 %), mais la hausse des jeunes majeurs montre une évolution qualitative des besoins: prolongation de la prise en charge, accompagnement vers l’autonomie, nécessité de solutions d’hébergement pérennes.\n\nCes chiffres pointent des défis opérationnels pour les départements et pour les acteurs associatifs: trouver des solutions d’hébergement adaptées, garantir la continuité éducative et sécuriser les parcours professionnels et sociaux des jeunes majeurs, en particulier pour les ex-MNA dont la situation administrative et l’accès aux droits peuvent être plus fragiles.\n\nÉvaluation de la fiabilité des sources citées\n\nLes données citées proviennent de la DREES, la principale direction statistique du ministère des Solidarités et de la Santé en France. À ce titre, elles bénéficient d’une méthodologie encadrée et d’un accès aux fichiers administratifs des départements, ce qui confère une forte fiabilité quantitative aux agrégats nationaux. La publication s’appuie sur l’enquête annuelle « Aide sociale » de la direction statistique des ministères sociaux, couvrant 93 départements — un périmètre large mais non exhaustif (la France compte plus de 100 départements si l’on inclut les outre‑mer), ce qui peut introduire des biais géographiques si les territoires non couverts connaissent des dynamiques différentes.\n\nToutefois, certaines limites doivent être soulignées: les chiffres administratifs ne rendent pas forcément compte des situations non déclarées (jeunes non repérés par les services, difficultés d’accès aux dispositifs pour les personnes sans papiers), et les catégories comme « MNA » peuvent être affectées par des incertitudes liées aux procédures d’évaluation d’âge et de reconnaissance. Enfin, la stabilité apparente du nombre total de mesures (+1 %) masque des évolutions internes (augmentation des jeunes majeurs, variation entre placement et soutien familial) qui demandent une lecture fine.\n\nCe que ces chiffres appellent comme suites\n\nLes données de la DREES confirment la nécessité d’un suivi renforcé des parcours de transition vers l’autonomie, d’un investissement durable dans les solutions d’hébergement et de formation, et d’une réflexion sur l’harmonisation des pratiques entre départements. Pour mieux orienter les politiques, il serait utile d’avoir des statistiques complémentaires sur les trajectoires post‑ASE (emploi, formation, logement stable), la répartition territoriale fine des prises en charge et l’évaluation des coûts budgétaires liés à la prolongation des accompagnements pour les jeunes majeurs.\n\nEn l’état, les chiffres officiels offrent un éclairage solide sur l’ampleur du phénomène, mais nécessitent d’être complétés par des analyses qualitatives et territoriales pour saisir pleinement les enjeux de transition et d’intégration des jeunes sortant de l’ASE.

La rédaction de Commons

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