Attentat d’Arras : Mohammed Mogouchkov renvoyé aux assises, son frère et son cousin bénéficient d’un non-lieu après l’enquête judiciaire
Attentat d’Arras : Mohammed Mogouchkov sera jugé pour l’assassinat de Dominique Bernard. Son frère et son cousin bénéficient d’un non-lieu.
Trois ans après l’attentat d’Arras, Mohammed Mogouchkov est renvoyé devant la cour d’assises spéciale pour l’assassinat terroriste du professeur Dominique Bernard. Selon le Parquet national antiterroriste (Pnat), cité par l’AFP dans l’article d’origine, trois juges d’instruction ont pris cette décision mercredi 4 novembre 2026. Son frère cadet, Souleiman Mogouchkov, et leur cousin bénéficient, en revanche, d’un non-lieu. Le parquet annonce faire appel de cette partie de la décision.
Cette issue marque une divergence entre les magistrats instructeurs et l’accusation sur les poursuites visant les deux proches. Le Pnat avait demandé qu’ils soient eux aussi jugés, pour des faits distincts de ceux reprochés au principal accusé. RTL confirme les deux non-lieux et indique avoir consulté l’ordonnance de mise en accusation.
Un procès pour l’attaque du 13 octobre 2023
Dominique Bernard, professeur de français, a été tué à l’arme blanche le 13 octobre 2023 devant son établissement scolaire, à Arras, dans le Pas-de-Calais. L’attaque avait également fait trois blessés. Dans une vidéo, Mohammed Mogouchkov avait revendiqué son geste au nom de l’organisation jihadiste État islamique. Ces éléments sont rappelés dans une dépêche de l’AFP consacrée aux réquisitions du parquet, publiée le 23 juin 2026.
Le renvoi du principal accusé et les non-lieux concernant ses proches doivent donc être distingués : les juges ont retenu la tenue d’un procès pour Mohammed Mogouchkov, mais n’ont pas suivi les demandes du parquet concernant son frère et son cousin. L’appel annoncé par le Pnat porte sur ces décisions favorables aux deux proches, selon les informations rapportées dans le texte initial.
Pour le frère, la connaissance du projet au cœur du dossier
Le 23 juin 2026, le parquet avait déjà demandé l’abandon des poursuites pour complicité d’assassinat visant Souleiman Mogouchkov, mineur au moment des faits. Il maintenait toutefois sa demande de procès pour participation à une association de malfaiteurs à caractère terroriste. Son analyse distinguait ainsi la perception de la radicalisation de son frère d’une connaissance de son projet criminel.
D’après les éléments de l’ordonnance rapportés par RTL, les juges ont estimé que Souleiman Mogouchkov ne connaissait pas le projet avant l’attaque et qu’il n’en avait facilité ni la préparation ni la réalisation. Cette appréciation les a conduits à prononcer un non-lieu, au-delà de l’abandon de la seule accusation de complicité demandé par le parquet.
Ses avocats ont accueilli la décision avec soulagement. Ils soutiennent que leur client n’a jamais participé au projet de son frère et qu’il l’a toujours condamné. Ils affirment également qu’il a passé deux ans et demi en détention provisoire, à l’isolement. Ces déclarations, rapportées par franceinfo dans l’article initial et également reproduites par RTL, expriment la position de la défense.
Le cousin également bénéficiaire d’un non-lieu
Concernant le cousin, le Pnat avait requis un procès pour non-dénonciation d’un crime. Selon les éléments rapportés par l’AFP en juin, il avait reconnu connaître la radicalisation de Mohammed Mogouchkov. Celui-ci lui aurait aussi demandé de réparer un couteau quelques semaines avant l’attentat. Le cousin avait admis qu’il aurait dû alerter sa famille ou la police. Les juges ont néanmoins décidé de ne pas le renvoyer en procès.
Des sources à distinguer selon leur rôle
Le récit initial s’appuie sur le Pnat, cité par l’AFP, pour les décisions et les intentions du parquet : cette attribution institutionnelle est solide pour établir sa position, mais ne remplace pas la motivation des juges. La consultation de l’ordonnance annoncée par RTL apporte un recoupement documentaire important. Les propos des avocats éclairent, eux, les arguments de la défense, sans constituer une vérification indépendante des conditions de détention. Leur affirmation selon laquelle aucun autre mineur n’aurait connu de telles conditions en France ne peut donc être présentée comme un fait établi.