Marie Portolano relaxée après la plainte en diffamation de Pierre Ménès au sujet de son livre sur le sexisme dans le journalisme sportif
Marie Portolano est relaxée dans l’affaire de diffamation liée à son livre. Découvrez les faits reprochés et les prochaines étapes judiciaires.
Marie Portolano a été relaxée mercredi 4 novembre 2026 par la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, après les poursuites en diffamation engagées par Pierre Ménès. L’ancien chroniqueur de Canal+ contestait deux passages de son livre Je suis la femme du plateau, publié en mars 2024. Manuel Carcassonne, directeur général des éditions Stock, également poursuivi dans cette affaire, a lui aussi été relaxé.
Cette décision concerne les propos publiés dans l’ouvrage de la journaliste. Elle doit être distinguée de la procédure pour agression sexuelle visant Pierre Ménès, dont le procès est annoncé le 16 novembre 2026 à Nanterre. Les deux dossiers portent sur des questions différentes et ne doivent pas être confondus.
Deux passages du livre au cœur des poursuites
Pierre Ménès avait saisi la justice trois mois après la publication du livre. Marie Portolano y relatait notamment les faits qu’elle affirme avoir subis en 2016 sur le plateau du Canal Football Club. Sans nommer son ancien collègue, elle décrivait des gestes à caractère sexuel et dénonçait l’attitude de ceux qui auraient pu intervenir pour les empêcher. Deux extraits étaient visés par la procédure en diffamation.
L’audience s’était tenue le 7 septembre 2026, en l’absence de Pierre Ménès. L’ancien chroniqueur avait demandé un renvoi, que le tribunal avait refusé. La journaliste avait donc comparu pour défendre les passages contestés de son ouvrage, avant que la décision ne soit mise en délibéré au 4 novembre.
À l’annonce de la relaxe, son avocat, Christophe Bigot, a estimé que Pierre Ménès avait échoué à se présenter comme la victime dans ce dossier. Cette lecture exprime la position de la défense de Marie Portolano : elle ne remplace pas les motifs du jugement, qui ne sont pas reproduits dans le texte d’origine. Celui-ci ne permet pas davantage de préciser les éventuelles suites procédurales de cette décision.
Une affaire révélée dans le sillage d’un documentaire
Le conflit s’inscrit dans le prolongement de la diffusion, en 2021 sur Canal+, de Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste, coréalisé par Marie Portolano. Ce documentaire dénonçait le sexisme dans le journalisme sportif. Des séquences retirées du montage, puis révélées par le média Les Jours, avaient placé le comportement de Pierre Ménès au centre de la controverse.
Dans ces images, la journaliste lui reprochait d’avoir soulevé sa jupe devant le public du Canal Football Club, en 2016. Ces accusations avaient ensuite été évoquées dans son livre, sans qu’elle le désigne nommément. Le récit des faits et la dénonciation d’un environnement professionnel laissant perdurer de tels comportements constituent ainsi le contexte des passages contestés.
Selon l’article initial, Marie Portolano n’avait pas porté plainte et avait déploré la « chasse à l’homme » visant son ancien collègue. Elle refusait de lui attribuer, à lui seul, la responsabilité du sexisme en France. Le même texte indique que le parquet de Nanterre avait néanmoins ouvert une enquête sur les faits dénoncés.
Des procédures distinctes et des sources à contextualiser
Le procès annoncé à Nanterre constitue donc une échéance distincte de la relaxe prononcée à Paris. Pierre Ménès reste présumé innocent des faits qui doivent y être examinés. L’article rappelle par ailleurs une condamnation définitive, en 2023, à deux mois de prison avec sursis pour une autre affaire d’agression sexuelle concernant une vendeuse. Ce précédent ne préjuge pas de l’issue du nouveau procès.
Sur le plan des sources, les comptes rendus de Libération et de L’Équipe recoupent la décision et la chronologie judiciaire. Ils constituent des sources journalistiques identifiables, sans remplacer le jugement intégral. Les Jours est cité pour la révélation des séquences coupées, non comme source judiciaire. Enfin, les déclarations de l’avocat éclairent la position de sa cliente, mais doivent rester clairement attribuées à une partie au procès.