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Crise du logement en Espagne : Madrid sous pression après l’expulsion d’une habitante de 87 ans et les nouvelles mesures du gouvernement

Crise du logement : l’Espagne veut protéger les locataires jusqu’en 2030 après une mobilisation massive à Madrid.

Le gouvernement espagnol veut prolonger la protection des locataires

Le gouvernement espagnol a présenté mardi 29 septembre 2026 un ensemble de mesures destinées à répondre à la crise du logement, alors que la contestation s’intensifie dans le pays. Le projet prévoit notamment de prolonger jusqu’en 2030 la protection contre certaines expulsions visant les personnes vulnérables. Il comprend également des dispositions sur les locations saisonnières et les locations de chambres, ainsi qu’un encadrement renforcé de certains investissements immobiliers.

Ces annonces interviennent après plusieurs jours de mobilisation à Madrid. Depuis le week-end des 26 et 27 septembre, des centaines de personnes ont installé des tentes sur la Puerta del Sol, l’une des places les plus connues de la capitale. Les manifestants dénoncent la hausse des loyers, la spéculation immobilière et la difficulté croissante, pour les habitants, de se loger dans les grandes villes espagnoles.

Le dispositif doit encore être examiné dans le cadre parlementaire espagnol. Son adoption ne peut donc pas être considérée comme définitive à ce stade. Le gouvernement de Pedro Sánchez ne dispose pas d’une majorité absolue au Parlement et doit obtenir le soutien de plusieurs formations pour faire approuver ses textes.

Le cas de Maricarmen Abascal au cœur de la mobilisation

La mobilisation a été particulièrement marquée par l’expulsion de Maricarmen Abascal, une Madrilène âgée de 87 ans. Elle vivait depuis environ sept décennies dans son logement lorsqu’elle en a été expulsée la semaine dernière, après le rachat de l’immeuble par une société immobilière. Son éviction, effectuée alors qu’elle était très âgée et vulnérable, a suscité une vive émotion et est devenue le symbole des difficultés rencontrées par de nombreux locataires.

Le projet gouvernemental est désormais couramment désigné sous le nom de « décret Maricarmen ». Selon les annonces rapportées par plusieurs médias, l’exécutif souhaite notamment interdire, jusqu’en 2028, certains achats spéculatifs réalisés par des « fonds vautours ». Il entend aussi agir sur les locations de courte durée et les locations de chambres, deux secteurs accusés par les associations de locataires de réduire l’offre disponible pour les habitants permanents.

Les autorités présentent ces mesures comme un moyen de mieux protéger les locataires tout en tenant compte de la situation des petits propriétaires. Le ministre Félix Bolaños a salué un accord favorable aux « locataires et aux petits propriétaires », tout en dénonçant les pratiques spéculatives. Dans le même temps, les associations mobilisées réclament des garanties plus larges et attendent de connaître précisément le contenu juridique du texte.

Des loyers en forte hausse, mais des chiffres à interpréter

La pression sur le marché locatif est illustrée par les données du portail immobilier Idealista. Selon son indice publié début septembre, le loyer moyen en Espagne atteignait 15,1 euros par mètre carré en août 2026, soit une hausse annuelle de 5,8 %. Cet indicateur confirme la tendance à la hausse des loyers, mais il ne constitue pas une statistique publique exhaustive : Idealista est une plateforme commerciale fondée sur les annonces disponibles sur son site. Ses chiffres doivent donc être comparés avec ceux des organismes publics et d’autres observateurs du marché.

Le nombre de manifestants et de tentes installées à Madrid varie également selon les moments et les sources. Les premiers décomptes évoquaient environ 150 tentes, avant que certains médias ne rapportent une présence dépassant les 300 installations. Cette différence s’explique par l’évolution rapide du campement et par les méthodes de comptage. Elle ne remet toutefois pas en cause l’ampleur de la mobilisation, qui s’est étendue à d’autres villes espagnoles.

La fiabilité des informations disponibles apparaît globalement solide lorsque les faits sont confirmés par plusieurs médias reconnus, notamment l’Associated Press, l’agence EFE et des médias européens ayant suivi les manifestations sur place. En revanche, les déclarations des responsables politiques et les annonces gouvernementales doivent être distinguées des mesures effectivement adoptées. À ce stade, la suspension des expulsions jusqu’en 2030 et les autres dispositions annoncées relèvent encore d’un processus politique et législatif susceptible d’évoluer.

La rédaction de Commons

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