Demande de Commission d'Enquête Suite à Décès aux Urgences
Six députés et des associations demandent la création d’une commission d’enquête sur la crise des urgences
Six députés, accompagnés de syndicats et d’associations, ont récemment adressé une lettre à la présidente de l’Assemblée nationale afin de plaider pour la mise en place rapide d’une commission d’enquête sur la crise qui frappe les services d’urgences en France. Cette initiative fait suite à plusieurs drames récents qui ont mis en lumière les difficultés rencontrées par les patients et le personnel soignant au sein de ces structures essentielles. Les signataires de la lettre dénoncent des situations tragiques où des patients perdent la vie faute de prise en charge adéquate, mettant en avant des pertes de chances vitales qui semblent en augmentation.
Malgré une proposition de résolution déposée il y a six mois par une centaine de députés de gauche et Liot en faveur de la création d’une commission d’enquête sur la crise des urgences, aucune action concrète n’a été entreprise jusqu’à présent. Les députés Damien Maudet (LFI), Pierre Dharréville (GDR), Sabrina Sebaihi (EELV), Arthur Delaporte (PS), Sébastien Peytavie (écologiste) et Yannick Favennec (Liot) demandent à Yaël Braun-Pivet la mise à l’ordre du jour de l’Assemblée de cette commission d’enquête tant attendue.
Des syndicats et associations soutiennent l’initiative des députés
Outre les six députés à l’initiative de cette démarche, une cinquantaine d’organisations, tant nationales que locales, se sont jointes à l’appel pour la création d’une commission d’enquête sur la crise des urgences. Parmi les signataires figurent les branches santé de la CGT, la CFDT, ou Sud-Solidaires, ainsi que des associations médicales telles que l’Association des médecins urgentistes de France, le Collectif Inter-hôpitaux, Médecins du Monde, Attac, le collectif national pour les droits des femmes, et d’autres encore. Ce large soutien met en lumière l’urgence de la situation et la nécessité d’agir rapidement pour investiguer les problèmes structurels affectant les services d’urgences en France.
Les soignants alertent depuis des années sur la saturation des services d’urgences, pointant du doigt des dispositifs tels que la « régulation par le 15 » qui conditionne la prise en charge à un appel obligatoire, instauré comme un mode transitoire durant l’été 2022. Plusieurs signataires de la lettre rappellent une étude du syndicat Samu-Urgences de France qui a recensé, entre décembre et janvier 2022, 43 décès « inattendus » dans 22 départements, possiblement liés à des délais d’attente trop longs.
Une récente étude de l’Inserm, de l’AP-HP et de l’Université de Rouen a également mis en lumière le risque de mortalité accru pour les patients de plus de 75 ans passant une nuit sur un brancard aux urgences, avec une augmentation de 40% du risque de décès à l’hôpital. Les signataires de la lettre soulignent la nécessité de faire toute la lumière sur cette situation