Fermeture de 4 900 lits d'hôpital en 2023 : l'étude de la Drees.
La diminution des lits d’hospitalisation en France
C’est un constat alarmant : d’après une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), 4 962 lits d’hospitalisation complète ont été supprimés dans les hôpitaux français en 2023. Cette diminution s’inscrit dans une tendance à la baisse observée depuis plusieurs années, avec la fermeture de 43 500 lits depuis 2013. Cette réduction représente une baisse de 10,5% du nombre de lits d’hospitalisation complète au cours de la dernière décennie.
Cette diminution des lits d’hospitalisation complète s’accompagne néanmoins d’une augmentation des places d’hospitalisation partielle (+31%) et des capacités d’hospitalisation à domicile (+4,1%) en 2023, représentant respectivement 88 504 places et 24 100 patients pris en charge simultanément. Ces changements témoignent de la volonté des autorités de réorienter les soins vers davantage de prise en charge ambulatoire pour s’adapter aux évolutions des besoins de la population.
Une des raisons avancées pour expliquer ces fermetures de lits est le manque de personnel soignant, qui ne permettrait pas de maintenir tous les lits ouverts. Malgré les promesses de réouverture de milliers de lits faites par l’ex-ministre de la santé, Aurélien Rousseau, en 2023, la réalité est que la capacité d’hospitalisation complète diminue encore plus rapidement ces dernières années qu’auparavant, accentuant la pression sur les équipes hospitalières.
Impact sur le système de santé et les professionnels du secteur
Cette situation préoccupante entraîne des conséquences directes sur le système de santé français. Les fermetures de lits contribuent à saturer les services hospitaliers, mettant les équipes sous pression et générant des tensions supplémentaires, notamment dans les services d’urgences. Ce climat tendu a pour effet de pousser de nombreux professionnels de la santé à quitter le secteur hospitalier, aggravant ainsi la pénurie de personnel.
Ces chiffres interviennent au moment où le débat parlementaire autour du budget de la sécurité sociale pour 2025 bat son plein. Le gouvernement vise à contenir le déficit à 16 milliards d’euros, ce qui se traduit par une augmentation limitée des dépenses de santé dédiées au secteur hospitalier (+3,1%). Cependant, la Fédération hospitalière de France estime qu’une augmentation de +6% serait nécessaire pour répondre aux besoins réels du système de santé.
Face à cette situation, quatre syndicats du secteur de la santé (CGT, FO, Sud et Unsa) ont déposé un préavis de grève couvrant la période du 4 novembre au 21 décembre pour protester contre ce budget jugé insuffisant pour garantir un fonctionnement optimal des établissements de santé.
En somme, la diminution des lits d’hospitalisation en France soulève des interrogations quant à la capacité du système de santé à répondre efficacement aux besoins de la population et met en lumière les défis auxquels sont confrontés les professionnels de la santé dans un contexte de crise persistante au sein des hôpitaux français