Procès criminel pour un policier ayant éborgné un "gilet jaune" en 2019.
Un policier jugé pour avoir éborgné un « gilet jaune »
Un policier nommé Fabrice T. sera jugé par la cour criminelle départementale de Paris pour avoir éborgné un « gilet jaune » lors d’une manifestation qui a eu lieu le 16 novembre 2019 dans la capitale française. L’accusation retenue contre lui est celle de « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente par une personne dépositaire de l’autorité publique », selon l’ordonnance de mise en accusation. Il lui est reproché d’avoir lancé une grenade lacrymogène avec un « tir tendu » qui aurait été réalisé de manière inappropriée, en dessous des 30 degrés requis pour ce type d’intervention.
Cette action a entraîné la perte irrémédiable de l’œil gauche de Manuel Coisne, le « gilet jaune » touché, selon les déclarations de la magistrate. Cette dernière a jugé que le tir tendu effectué n’était pas justifié dans cette situation, étant donné que la victime ne représentait pas une menace directe pour les forces de l’ordre et se tenait à distance des manifestants violents.
La position de la magistrate a été en opposition avec celle du parquet, qui avait requis un non-lieu dans cette affaire. Ce dernier considérait que le tir effectué par Fabrice T. respectait les normes établies par la gendarmerie nationale, l’expert balistique, et le constructeur de l’arme utilisée. Cependant, la juge d’instruction a estimé que le tir tendu n’avait pas sa place dans cette circonstance précise, compte tenu du comportement de la victime.
Controverse et réaction de l’avocat
L’avocat de Fabrice T., Laurent-Franck Liénard, a réagi à la décision de renvoi en indiquant qu’elle était incompréhensible, surtout après les réquisitions contraires émises par le parquet. Il a souligné que ces dernières étaient fondées sur des bases juridiques solides, et a annoncé son intention de faire appel de cette décision. Selon lui, ce renvoi semble obéir à d’autres motifs que la stricte application de la loi.
Cette affaire soulève des questions sur l’utilisation des armes par les forces de l’ordre lors de manifestations et sur les règles encadrant ces interventions. La polémique autour de ce cas met en lumière les enjeux liés à la sécurité des manifestants et à la responsabilité des agents de police dans l’utilisation de la force lors de telles situations.
Il s’agit désormais pour la justice de déterminer la culpabilité ou l’innocence de Fabrice T. dans ce dossier, en examinant attentivement les éléments de preuve et les arguments présentés par les différentes parties impliquées. La décision finale reviendra aux juges de la cour criminelle départementale de Paris, chargés de rendre une décision équitable basée sur le droit en vigueur.