Victimes de violences sexuelles dans l’Église : les enjeux de la rencontre avec le pape Léon XIV à Lourdes et les exigences des participants
À Lourdes, sept victimes de violences sexuelles dans l’Église prépareront leurs échanges avec le pape Léon XIV sans renoncer à leurs exigences.
Une rencontre annoncée sous le signe de l’exigence
Les sept personnes victimes de violences sexuelles dans l’Église qui doivent rencontrer le pape Léon XIV à Lourdes, le 27 septembre, entendent maintenir leurs exigences. Dans un communiqué commun publié mercredi 16 septembre, elles répondent aux critiques apparues après l’annonce de cette rencontre privée, dont le format restreint et les modalités de sélection ont suscité des interrogations parmi plusieurs collectifs de victimes.
« Dialoguer ne signifie pas cautionner. Être reçu ne signifie pas renoncer à notre exigence », affirment les signataires. Leur message vise notamment à rappeler que cette rencontre avec le souverain pontife ne constitue ni une approbation de l’action de l’Église, ni une renonciation aux demandes exprimées depuis plusieurs années par les victimes de violences sexuelles et leurs soutiens.
Certains collectifs non invités ont regretté de ne pas être associés à ce rendez-vous et ont questionné l’opacité entourant le choix des interlocuteurs retenus. Les sept participants reconnaissent eux-mêmes que leur groupe ne saurait représenter l’ensemble des victimes. « Nous ne constituons pas une délégation de l’Église et nous ne prétendons représenter ni toutes les personnes victimes, ni celles et ceux qui ne seront pas présents à Lourdes », précisent-ils.
Ils insistent également sur le caractère individuel de leur démarche. « Chacun participe à cette rencontre en son nom propre, libre de sa parole, de ses convictions et de ses choix », écrivent-ils, en soulignant les différences de parcours, de sensibilités et d’attentes entre les participants.
Cinq identités rendues publiques, deux participants anonymes
Cinq des sept participants ont choisi de révéler leur identité. Il s’agit de Jean-Marie Delbos, victime de l’établissement catholique de Bétharram, de Véronique Garnier, membre du collectif Foi et Résilience, et de Jérôme Guillement, victime d’un prêtre vendéen.
Le groupe comprend également Olivier Mardi, cofondateur de Voix Libérées de Touraine et victime de l’abbé Tartu, ainsi que Bertrand Virieux, cofondateur de l’ancienne association lyonnaise La Parole Libérée, engagée dans l’affaire concernant le prêtre Bernard Preynat et le cardinal Philippe Barbarin. Deux autres participants ont choisi de rester anonymes. Le communiqué précise que l’un d’eux est une victime de l’abbé Pierre.
Les signataires demandent que ces choix soient respectés, au même titre que la liberté de parole de chacun. Dans un contexte où la prise de parole publique peut exposer les victimes à une forte pression médiatique et personnelle, ils indiquent vouloir préserver la maîtrise de leur récit et de leur participation à la rencontre.
Une préparation avec les représentants de l’Église
Une première réunion de préparation s’est tenue le 14 septembre avec des représentants de la Conférence des évêques de France et de la Conférence des religieux et religieuses de France. L’évêque d’Amiens, Mgr Gérard Le Stang, y participait également.
Cette réunion a permis aux sept personnes de mettre en commun les « questions fondamentales » qu’elles souhaitent soumettre au pape. Elles affirment toutefois vouloir préserver leurs divergences et ne pas chercher à produire une parole uniforme. Le communiqué présente la rencontre de Lourdes comme « un moment particulièrement important », tout en rappelant qu’elle ne supprimera ni les différences d’approche ni les demandes propres à chaque participant.
Les sept victimes annoncent désormais qu’elles ne donneront plus d’interview et ne feront aucune déclaration avant le 27 septembre. Elles expliquent être « déjà très sollicitées par les médias » et vouloir se consacrer à la préparation de l’échange avec le pape Léon XIV.
Après la rencontre, elles se disent prêtes à témoigner, mais chacune « avec sa voix, son histoire et ce qu’il souhaitera en partager ». Cette réserve souligne la volonté des participants de ne pas transformer leur démarche en opération de communication collective avant un rendez-vous dont le contenu et les suites restent à venir.
Fiabilité des éléments rapportés : les informations disponibles reposent principalement sur le communiqué commun des sept participants, qui constitue une source directe concernant leur identité, leurs intentions, la réunion préparatoire et leur calendrier de communication. Les mentions relatives aux critiques de collectifs non reçus sont rapportées de manière générale et ne sont pas étayées, dans le texte fourni, par des déclarations ou des documents distincts. Elles doivent donc être considérées avec prudence. Aucun élément indépendant ne permet ici de confirmer le contenu exact de la future rencontre ni les conditions précises dans lesquelles la sélection des participants a été opérée.