Tadej Pogacar domine le Tour de Lombardie 2021-2024 et signe un triplé historique en 2024 : analyse d'un règne qui rapproche sa saison des exploits légendaires de Coppi et Merckx
Analyse du triplé de Tadej Pogačar au Tour de Lombardie (2021‑2024) : récit, chiffres et sources pour mesurer sa domination.
2021 — L’éclosion dans les Alpes
En 2021, Tadej Pogačar débarque au Tour de Lombardie avec déjà un été chargé : son deuxième Tour de France et, quelques semaines plus tôt, son premier Monument à Liège-Bastogne-Liège. Sur un parcours remanié — la principale modification étant la suppression du Mur de Sormano, supprimé après la spectaculaire chute de Remco Evenepoel en 2020 — le Slovène trouve malgré tout un terrain à sa convenance.
À 35 kilomètres de l’arrivée, il lance son attaque dans le Passo di Ganda. Fausto Masnada, coéquipier de Julian Alaphilippe, parvient à le rejoindre et l’accompagne jusque dans Bergame, où Pogačar le bat au sprint. Le geste est à la fois calculé et dominateur : après une saison folle, comme il le dira lui‑même, il inscrit un deuxième Monument à son palmarès et complète, pour la saison, un trio d’exploits rarement vu depuis Coppi et Merckx.
2022 — Confirmation et doublé
La saison 2022 commence bien pour Pogačar — succès au UAE Tour, Strade Bianche, Tirreno‑Adriatico — mais connaît aussi des frustrations (défaite au Tour face à Jonas Vingegaard, places d’honneur sur Milan‑San Remo et le Tour des Flandres). Tenant du titre, il revient donc en Lombardie avec la pression de confirmer.
La course change d’itinéraire (Bergame‑Côme) mais pas de conclusion : Pogačar, bien soutenu par son équipe, attaque dans le Civiglio et distance Vingegaard. Seuls Enric Mas et Mikel Landa peuvent suivre un temps ; au sprint, Pogačar s’impose face à Mas. Au‑delà de la victoire, la course marque les adieux de figures du peloton comme Vincenzo Nibali et Alejandro Valverde, pendant que Pogačar s’inscrit dans la lignée des coureurs capables d’enchaîner des doublés en Lombardie.
2023 — L’histoire et la régularité
Après une saison 2023 exceptionnelle (seize victoires dont le Tour des Flandres, Paris‑Nice, l’Amstel et la Flèche Wallonne), Pogačar arrive comme grand favori. Cette édition témoigne de son opportunisme : n’étant pas forcément au‑dessus du lot en puissance pure, il choisit la bonne attaque — dans la descente, à 31 kilomètres de l’arrivée — pour filer en solitaire.
Ce succès est historique : trois victoires consécutives au Tour de Lombardie n’avaient pas été réalisées depuis Fausto Coppi et, avant lui, Alfredo Binda dans les années 1920. À 25 ans, Pogačar collectionne déjà les Monuments et confirme qu’il est devenu, par régularité et panache, une référence des classiques d’automne.
2024 — Le chef‑d’œuvre
Arrivé maillot arc‑en‑ciel après un triplé Giro–Tour–Championnat du monde et une saison cumulant 24 victoires en 56 jours de course, Pogačar n’a plus grand‑chose à prouver. Pourtant il choisit la démonstration : attaque à 48 kilomètres de l’arrivée, solo absolu, et une arrivée triomphale avec plus de trois minutes d’avance sur Evenepoel — un écart comparable à des performances d’un autre âge (on remonte à 1971 pour trouver un seuil similaire sur cette classique).
Ce geste, d’une rare emphase, et la manière dont il portera son vélo au‑dessus de sa tête avant la ligne symbolisent une domination presque sans partage. Statistiquement et symboliquement, la saison est hors normes : deux Monuments en plus du combo Giro–Tour–Mondial, un nombre de victoires rarement atteint au XXIe siècle, et une proximité certaine avec les saisons mythiques de Coppi ou Merckx.
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Conclusion
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Entre 2021 et 2024, Tadej Pogačar a transformé le Tour de Lombardie en un lieu de rendez‑vous de sa domination, alternant tactique, audace et régularité. Les images d’Eurosport restituent l’émotion et le spectacle ; la pleine compréhension de l’ampleur de ses exploits appelle toutefois un croisement de sources et une lecture à la fois statistique et historique.
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