Binance reprend progressivement les retraits après un piratage estimé à 6,3 milliards de dollars attribué par le FBI à des acteurs nord-coréens
Après le piratage de Binance, les retraits reprennent par étapes. Découvrez les accusations du FBI et les réserves exprimées par Donald Trump.
Binance amorce un retour progressif à la normale après un piratage dont le montant est estimé à 6,3 milliards de dollars. Dimanche 1er novembre 2026, la plateforme d’échanges de cryptomonnaies a annoncé la réouverture d’une première série de retraits sur le réseau Bitcoin. Cette reprise intervient après la suspension des opérations consécutive à l’attaque du jeudi 29 octobre. Le FBI attribue le vol à des acteurs nord-coréens, tandis que Donald Trump a publiquement exprimé des réserves sur cette attribution.
Une réouverture des retraits qui reste progressive
Pour les clients, l’annonce marque une première étape dans le rétablissement de l’accès à leurs avoirs, mais pas encore un retour complet au fonctionnement habituel. La communication de Binance distingue bien la reprise initiale sur Bitcoin de la réouverture de l’ensemble des retraits. Il convient donc de ne pas interpréter cette annonce comme la fin de toutes les restrictions imposées après le piratage.
La plateforme prévient également que certaines demandes peuvent subir des retards temporaires ou nécessiter des délais de traitement plus longs en raison du trafic. L’ouverture des retraits ne garantit ainsi pas une exécution immédiate de chaque opération. Binance présente cette remise en service comme une démarche par étapes, destinée à rétablir l’accès aux fonds avec prudence après l’incident.
L’entreprise affirme que les fonds de ses utilisateurs sont en sécurité et qu’elle supportera elle-même les conséquences financières des actifs dérobés. Cet engagement constitue un élément central de sa communication auprès des clients. Il doit toutefois être présenté pour ce qu’il est : une assurance donnée par la société directement touchée, et non une conclusion indépendante sur l’ensemble de sa situation financière.
Le FBI désigne des acteurs nord-coréens
Sur le volet de l’enquête, la police fédérale américaine attribue l’attaque à TraderTraitor, un nom utilisé pour désigner des activités cybermalveillantes nord-coréennes. Selon les informations rapportées par Associated Press, le FBI a également constaté que les auteurs convertissaient les actifs volés principalement en ether, la cryptomonnaie du réseau Ethereum. Cette attribution reste celle des autorités américaines : elle ne doit pas être confondue avec une revendication des responsables du vol.
Le texte initial évoque une liste d’environ 500 adresses Ethereum publiée par le FBI. Ce nombre précis n’a pas pu être confirmé dans les sources directement consultées. L’appel adressé aux plateformes et aux autres acteurs du secteur pour bloquer les transactions liées aux adresses signalées est, en revanche, rapporté par Associated Press. La distinction importe : la demande de blocage est documentée, tandis que le décompte des adresses exige une vérification supplémentaire.
Donald Trump exprime des doutes, sans réfuter l’enquête
Interrogé samedi 31 octobre dans sa résidence de Floride, Donald Trump a déclaré ne pas savoir si la Corée du Nord était impliquée. Ses propos introduisent une réserve politique face à l’attribution annoncée par le FBI. Ils ne constituent cependant pas, à eux seuls, une réfutation technique des conclusions des enquêteurs. Les deux prises de position doivent donc être distinguées, sans leur attribuer la même portée probatoire.
Des sources de nature différente à lire avec prudence
Les sources citées dans l’article initial n’ont pas toutes la même fonction. Binance est une source primaire pertinente pour annoncer l’état de ses services et ses engagements envers les clients. Parce qu’elle est directement concernée par la crise, ses assurances financières appellent néanmoins un regard critique. Le FBI est, lui, une source institutionnelle pour l’attribution de l’attaque ; son autorité ne dispense pas de distinguer ses conclusions des éléments techniques rendus publics.
La dépêche de l’AFP publiée par TV5MONDE et les informations d’Associated Press apportent un recoupement journalistique utile sur la reprise des retraits et les déclarations américaines. Elles relaient toutefois, sur plusieurs points, les mêmes protagonistes. La formulation la plus rigoureuse reste donc celle d’une reprise progressive annoncée par Binance après un vol estimé à 6,3 milliards de dollars, attribué par le FBI à des acteurs nord-coréens.