Prix Goncourt le roman de Thélyson Orélien retiré après des soupçons liés à l’intelligence artificielle et des accusations de plagiat
L’Académie Goncourt retire le roman prix Goncourt de Thélyson Orélien après des soupçons d’IA et des accusations de plagiat.
L’Académie Goncourt retire le roman de Thélyson Orélien
L’Académie Goncourt a annoncé, vendredi 25 septembre, le retrait de C’était ça ou mourir, de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, de sa sélection pour le prix Goncourt. Le roman figurait jusqu’alors parmi les seize ouvrages de la première liste dévoilée par les jurés.
Dans un communiqué, l’institution affirme que le livre est « selon toute vraisemblance très largement le produit d’une intelligence artificielle ». Elle explique que cette décision vise à « préserver l’intégrité du prix ». L’Académie ne présente donc pas le recours à l’intelligence artificielle comme une simple circonstance éditoriale, mais comme un élément suffisamment important pour justifier la mise à l’écart du roman.
Cette annonce intervient alors que la sélection du Goncourt devait encore être réduite de seize à huit titres. La présence du roman dans la deuxième liste n’était donc pas acquise, même avant la décision de l’Académie. Le retrait annoncé met toutefois fin à cette possibilité et écarte officiellement le livre de la compétition.
Des soupçons liés à l’intelligence artificielle et au plagiat
Dans son communiqué, l’Académie Goncourt évoque également des « plagiats dont son auteur s’est rendu coupable au fil du temps et qui viennent d’être révélés ». Elle dit s’appuyer sur « le résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi ».
Le texte fourni ne précise toutefois ni l’identité de ces chercheurs et journalistes, ni la nature exacte des passages considérés comme plagiés, ni les méthodes employées pour déterminer l’origine du texte. Cette absence de détails empêche, à ce stade, d’évaluer précisément la solidité des accusations. Les formulations utilisées par l’Académie — notamment « selon toute vraisemblance » — traduisent par ailleurs un degré de prudence, même si la décision prise est sans ambiguïté.
La question de l’intelligence artificielle est particulièrement sensible dans le domaine littéraire, où l’auteur est censé être à l’origine du travail de création présenté à un prix. Pour autant, l’article d’origine ne fournit pas d’éléments techniques permettant de vérifier l’ampleur d’un éventuel recours à un outil d’intelligence artificielle. Il ne permet pas non plus de distinguer une utilisation ponctuelle, par exemple pour la correction ou la reformulation, d’une génération beaucoup plus large du manuscrit.
Thélyson Orélien dénonce une volonté de le faire taire
Thélyson Orélien, accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour écrire son roman, a contesté la démarche jeudi. L’écrivain a dénoncé une « volonté » de le « faire taire ». Cette réaction constitue, dans les éléments disponibles, la principale prise de position directe de l’auteur face aux accusations.
Le texte ne rapporte pas de réponse détaillée de sa part concernant les soupçons de plagiat, ni d’explication sur les analyses mentionnées par l’Académie. Il convient donc de distinguer clairement les faits établis par le communiqué — le retrait du roman — des accusations formulées à son encontre, qui sont rapportées sans que les éléments matériels permettant de les vérifier soient reproduits.
Une sélection déjà soumise au vote des jurés
Mercredi, Philippe Claudel, président de l’Académie Goncourt, avait rappelé sur franceinfo que la présence de C’était ça ou mourir dans la deuxième sélection n’était pas garantie. Le fonctionnement de l’institution repose sur un vote destiné à faire passer le nombre de romans retenus de seize à huit, précisait-il.
« Il n’est pas évident que le livre, quelle que soit la polémique, soit sur la deuxième liste », déclarait le président, ajoutant qu’il ne pouvait pas savoir à l’avance quelle serait l’issue du vote. La deuxième sélection devait être publiée le 6 octobre. La décision de retrait annoncée vendredi rend finalement cette échéance sans effet pour le roman de Thélyson Orélien.
Concernant la fiabilité des sources citées, le communiqué de l’Académie Goncourt constitue une source primaire et fiable pour établir sa propre décision et les motifs qu’elle avance. L’intervention de Philippe Claudel sur franceinfo est également pertinente pour rendre compte du fonctionnement du vote, mais elle ne permet pas de vérifier les accusations de plagiat ou d’utilisation de l’intelligence artificielle. Quant aux « analyses » de chercheurs et de journalistes, elles sont seulement mentionnées dans l’article, sans références précises : leur fiabilité ne peut donc pas être évaluée de manière indépendante à partir des informations disponibles.