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COP29 : Les pays riches pourront acheter des crédits carbone pour atteindre leurs objectifs climatiques

Les nouvelles règles de crédits carbone à la COP29 : un enjeu controversé

Les pays riches seront désormais en mesure de remplir leurs objectifs climatiques en payant des pays d’Afrique ou d’Asie, au lieu de réduire leurs propres émissions de gaz à effet de serre. Cette mesure a été adoptée lors de la COP29, le samedi 23 novembre, à travers de nouvelles règles qui soulèvent déjà des soupçons de « greenwashing ».

Les crédits carbone étaient jusqu’ici largement utilisés par les entreprises pour compenser leurs émissions et se proclamer neutres en carbone. Cependant, ce marché n’était pas régulé par des normes internationales et a été entaché par de nombreux scandales. Désormais, grâce à la décision prise lors de la COP29, les pays, particulièrement les plus pollueurs parmi les pays riches, pourront acheter des crédits carbone ou réaliser des transactions directement avec d’autres pays ayant dépassé leurs propres objectifs climatiques.

Cette possibilité était inscrite dans l’article 6.2 de l’accord de Paris de 2015, fondement de l’action climatique mondiale, mais n’était pas encore mise en œuvre jusqu’à présent. Certains experts redoutent que ces mécanismes permettent aux États de se présenter comme plus vertueux qu’ils ne le sont en réalité, générant ainsi un « greenwashing » à grande échelle. Néanmoins, les pays en développement, principalement en Afrique et en Asie, dépendent largement de ces transactions pour obtenir des financements internationaux.

Une controverse entre greenwashing et financement pour les pays en développement

La décision prise à la COP29 soulève donc une controverse entre la lutte contre le greenwashing et la nécessité pour les pays en développement de bénéficier de financements internationaux pour leur transition énergétique. D’un côté, l’inquiétude est que ces nouvelles règles permettront aux pays riches de contourner leurs responsabilités en matière de réduction d’émissions, en se contentant d’acheter des crédits carbone à d’autres pays.

D’un autre côté, les pays en développement voient dans ces mécanismes l’opportunité d’accéder à des financements essentiels pour mettre en œuvre des projets de réduction d’émissions et d’adaptation aux impacts du changement climatique. Ils soulignent le besoin crucial de solidarité financière et de transfert de technologie pour atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris.

Il est primordial de surveiller de près l’application de ces nouvelles règles pour éviter les dérives et les abus qui pourraient compromettre l’efficacité de la lutte contre le changement climatique. Les instances internationales, les ONG, les experts et les gouvernements doivent travailler ensemble pour garantir la transparence, l’intégrité et l’équité des mécanismes de crédits carbone dans le cadre de l’action climatique mondiale.

La rédaction de Commons

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