Aller au contenu
Dernière publication
Archive
23 776 articles · 12 rubriques

Le média d'information nouvelle génération

Environnement

EPR de Flamanville pourquoi la première visite complète va immobiliser le réacteur pendant près d’un an

L’EPR de Flamanville sera arrêté près d’un an pour inspecter ses équipements et remplacer le couvercle de sa cuve.

L’EPR de Flamanville, dans la Manche, doit être mis à l’arrêt à partir du samedi 26 septembre 2026 pour sa première visite complète. Prévue pour durer environ 350 jours, cette opération constitue une étape réglementaire majeure dans la vie du réacteur, quelques mois après son démarrage et le lancement de sa première phase d’exploitation.

Comme pour les autres réacteurs du parc nucléaire français, cet arrêt vise à contrôler en profondeur les principaux équipements liés à la sûreté et au fonctionnement de l’installation. Pour EDF, il s’agit d’un chantier particulièrement important, qui doit mobiliser des milliers d’opérations et représenter un coût de plusieurs centaines de millions d’euros, selon les déclarations de Renaud Crassous, directeur adjoint performance de la division production nucléaire du groupe.

Une inspection approfondie de l’installation

Baptisée « visite complète n° 1 », cette campagne de maintenance prévoit notamment trois grands volets d’inspection. EDF doit examiner la cuve du réacteur, contrôler le circuit primaire et vérifier l’étanchéité des circuits hydrauliques. Ces opérations doivent permettre d’évaluer l’état des équipements après le premier cycle de fonctionnement et de s’assurer qu’ils répondent aux exigences de sûreté applicables.

La cuve constitue l’un des éléments les plus sensibles de l’installation. Elle contient le cœur du réacteur et doit résister à des conditions de pression et de température très élevées. Le circuit primaire, quant à lui, récupère la chaleur produite par la réaction nucléaire avant de la transférer vers les générateurs de vapeur. Son intégrité est donc essentielle au fonctionnement du réacteur comme à la prévention d’une éventuelle fuite radioactive.

La durée annoncée de 350 jours reste une prévision : elle dépendra du déroulement des contrôles, des éventuelles réparations et des opérations de requalification nécessaires avant le redémarrage. Une visite complète de cette ampleur ne se limite pas à une simple maintenance courante. Elle associe des examens réglementaires, des travaux de modification et une série de vérifications destinées à confirmer la conformité de l’installation.

Le remplacement du couvercle de la cuve

L’un des principaux chantiers de cet arrêt sera le remplacement du couvercle de la cuve. Cette opération est demandée par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, l’ASNR, qui a repris les missions de l’ancienne ASN. Le couvercle assure l’étanchéité du circuit primaire et comporte des anomalies de fabrication connues depuis plusieurs années.

Ces anomalies concernent la composition de l’acier utilisé pour certaines parties de la cuve. Les autorités de sûreté ont autorisé la mise en service de l’EPR sous conditions, en prévoyant notamment des contrôles spécifiques et le remplacement du couvercle lors d’un arrêt ultérieur. L’installation d’un nouveau couvercle doit ainsi répondre à une exigence réglementaire déjà identifiée, et non à la découverte récente d’un incident sur le réacteur.

La cuve elle-même fera également l’objet d’une inspection. L’objectif sera de rechercher d’éventuels défauts et de vérifier le comportement des matériaux après les premières étapes d’exploitation. Les contrôles du circuit primaire et les essais d’étanchéité complèteront cette évaluation globale.

Une échéance prévue par la réglementation

Selon EDF, la visite devait intervenir dans les 30 mois suivant le chargement du combustible, effectué le 8 mai 2024. Le calendrier annoncé pour le 26 septembre 2026 s’inscrit donc dans le cadre réglementaire applicable aux réacteurs nucléaires. La visite complète constitue une étape distincte des essais de démarrage et des opérations préparatoires menées depuis la mise en service de l’EPR.

Les informations disponibles reposent principalement sur deux sources institutionnelles directement concernées par le dossier : EDF, exploitant de la centrale, et l’ASNR, autorité chargée du contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection. EDF est une source de premier niveau pour le calendrier industriel, les opérations prévues et l’organisation du chantier, mais ses communications doivent être lues comme celles de l’exploitant. Les décisions et prescriptions de l’ASNR offrent, elles, la référence la plus solide pour les exigences réglementaires et le remplacement du couvercle. La durée de 350 jours et le montant de plusieurs centaines de millions d’euros doivent donc être considérés comme des estimations annoncées, susceptibles d’évoluer selon l’avancement des travaux.

La rédaction de Commons

Partager

Votre assistant

Le titre et le lien de l’article partent dans l’adresse du moteur, et sont copiés dans votre presse-papiers. Ouverture dans un nouvel onglet.

À lire aussi

Même rubrique, dates absolues