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Incendies en France en 2026 : près de 98 000 hectares brûlés, un bilan déjà historique selon l’ONF

Incendies en France : près de 98 000 hectares ont brûlé en 2026. Découvrez le bilan provisoire et les explications de l’ONF.

Près de 98 000 hectares auraient brûlé en France hexagonale depuis le début de l’année 2026, selon un bilan communiqué par l’Office national des forêts (ONF) le jeudi 24 septembre. Avec environ 21 000 départs de feu recensés, la surface touchée serait cinq fois supérieure à la moyenne observée au cours des vingt dernières années. Si ces chiffres doivent encore être affinés, ils témoignent déjà d’une saison des incendies particulièrement intense.

Une saison des feux hors norme

Le bilan présenté par l’ONF inclut les incendies ayant affecté les forêts, mais aussi les espaces agricoles et les autres milieux naturels. Cette précision est importante : la superficie totale annoncée ne correspond pas exclusivement à des zones boisées. Elle donne néanmoins une indication de l’ampleur des destructions enregistrées sur l’ensemble du territoire métropolitain depuis janvier.

Juliette Faivre, directrice de l’agence ONF Île-de-France Est, qualifie la situation d’« exceptionnelle ». Elle rappelle toutefois qu’une très grande majorité des départs de feu sont rapidement maîtrisés : 97 % d’entre eux seraient éteints avant d’avoir parcouru dix hectares. Cette donnée souligne le rôle déterminant de la détection précoce, de la surveillance des massifs et de l’intervention rapide des services de secours.

Le nombre de départs de feu ne suffit donc pas, à lui seul, à mesurer la gravité d’une saison. La taille des incendies, leur vitesse de propagation et les milieux touchés sont également déterminants. Un nombre limité de sinistres de grande ampleur peut ainsi peser davantage dans le bilan final que plusieurs milliers de feux rapidement contenus.

Un record annoncé pour les surfaces forestières

Pour les seules forêts, environ 76 000 hectares auraient effectivement brûlé en 2026. Christophe Chantepy, expert de l’ONF spécialisé dans la défense des forêts contre les incendies, estime que cette superficie constitue un record depuis le début des statistiques précises consacrées à ce type d’événement.

À titre de comparaison, la moyenne annuelle calculée sur les vingt dernières années s’établit à environ 12 700 hectares de forêt brûlés. Le bilan communiqué pour 2026 représente donc près de six fois cette moyenne. Il dépasse également le seuil de 80 000 hectares retenu comme référence pour le record de 1976, même si les chiffres définitifs de l’année en cours ne sont pas encore arrêtés.

L’ONF précise que les données sont collectées de manière précise depuis 1973. Cette ancienneté permet de comparer les saisons et de replacer les chiffres actuels dans une perspective historique. Toutefois, les méthodes de recensement, les outils de suivi et la précision des relevés peuvent avoir évolué au fil des décennies. Les comparaisons avec les années les plus anciennes doivent donc être interprétées avec prudence.

Des données solides, mais encore provisoires

La source principale de ce bilan est l’Office national des forêts, un établissement public spécialisé dans la gestion et la surveillance des espaces forestiers. À ce titre, l’ONF constitue une source particulièrement pertinente pour les données relatives aux surfaces forestières brûlées et à la prévention des incendies. La présence de déclarations attribuées à deux de ses responsables ou experts renforce également la traçabilité des informations.

La fiabilité du bilan doit néanmoins être nuancée. L’article précise lui-même que les chiffres seront affinés dans les semaines suivantes. Les superficies peuvent être réévaluées après l’analyse des images satellitaires, les relevés de terrain et la consolidation des données transmises par les services départementaux. De plus, l’intégration des terres agricoles et des espaces naturels élargit le périmètre étudié au-delà de la seule forêt.

Le chiffre de 98 000 hectares doit donc être considéré comme une estimation provisoire, et non comme un bilan définitif. Il n’en traduit pas moins une saison 2026 déjà très atypique, marquée par une extension exceptionnelle des surfaces touchées. Le bilan final permettra de déterminer avec précision l’écart avec les précédents records et de mesurer durablement les conséquences de cette année hors norme sur les forêts et les milieux naturels français.

La rédaction de Commons

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