Budget de l’Éducation nationale en 2027 : une hausse de 800 millions d’euros annoncée, mais jugée insuffisante par les syndicats
Le budget Éducation nationale augmentera d’au moins 800 millions d’euros en 2027, mais les syndicats jugent cette hausse insuffisante.
Un budget annoncé en hausse pour l’Éducation nationale
Le budget de l’Éducation nationale pour 2027 « ne sera pas en baisse », a assuré le ministre Édouard Geffray vendredi 18 septembre, au lendemain de la présentation des orientations budgétaires du gouvernement. Selon lui, le prochain projet de loi de finances prévoit une augmentation d’au moins 800 millions d’euros pour le ministère.
« Le budget de l’Éducation nationale va augmenter d’au moins 800 millions d’euros dans le prochain projet de loi de finances », a déclaré le ministre lors d’un déplacement à Nancy. Édouard Geffray a également rappelé que cette orientation avait déjà été annoncée au cours de l’été, laissant entendre que l’enveloppe consacrée à l’école devait être préservée malgré le contexte budgétaire contraint.
Fin août, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait présenté les grandes lignes de ses priorités budgétaires dans un entretien accordé au Parisien. Il avait alors indiqué que l’Éducation nationale ferait partie des ministères préservés, avec une hausse de 800 millions d’euros de son budget, alors même que le nombre d’élèves diminue pour des raisons démographiques.
Cette baisse des effectifs scolaires ne suffit toutefois pas, aux yeux des organisations syndicales, à justifier une progression budgétaire limitée. Pour les représentants des personnels, les besoins de l’institution ne se mesurent pas uniquement au nombre d’élèves accueillis, mais aussi aux difficultés rencontrées dans les établissements et à la nécessité de renforcer les équipes.
Les syndicats alertent sur des besoins toujours importants
Auprès de l’Agence France-Presse, Aurélie Gagnier, secrétaire générale de la FSU-SNUipp, a estimé que le budget aurait dû progresser davantage. « Même en suivant l’inflation, le budget serait resté en dessous des besoins réels des écoles », a-t-elle déclaré.
La responsable syndicale a notamment cité les besoins en enseignants remplaçants, en psychologues scolaires et en personnels des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté, les Rased. Selon elle, l’augmentation annoncée ne permettrait donc pas de répondre aux difficultés auxquelles les écoles sont confrontées. Elle a estimé que « la dégradation de l’école va se poursuivre ».
Aurélie Gagnier a également dénoncé le maintien du gel du point d’indice dans la fonction publique. Cette mesure, a-t-elle souligné, continuerait de peser sur le pouvoir d’achat des enseignants et, plus largement, sur celui des personnels de l’Éducation nationale.
Le Snes-FSU appelle lui aussi le gouvernement à préciser rapidement ses intentions. Sa secrétaire générale, Sophie Vénétitay, juge « urgent de dissiper le flou autour du budget de l’Éducation nationale ». Elle considère que les besoins restent considérables et que le prochain budget devra notamment prévoir de premières mesures en faveur des salaires de l’ensemble des personnels.
Une annonce qui devra être confirmée par le projet de loi de finances
À ce stade, l’augmentation annoncée constitue une orientation budgétaire et non encore un budget définitivement adopté. Le montant et la répartition des crédits devront être précisés dans le projet de loi de finances pour 2027, puis examinés dans le cadre de la procédure parlementaire. Les déclarations du ministre permettent donc de connaître la trajectoire affichée par le gouvernement, mais pas encore le détail des moyens attribués à chaque priorité.
La fiabilité des informations citées apparaît globalement solide, mais les sources n’ont pas toutes la même portée. Les propos d’Édouard Geffray sont rapportés directement depuis un déplacement officiel, ce qui en fait une source primaire pour connaître la position du ministre. Les orientations attribuées à Sébastien Lecornu sont, elles, présentées comme issues d’un entretien publié par Le Parisien : elles relèvent d’une déclaration politique, appelée à être vérifiée dans les documents budgétaires officiels. Enfin, les analyses d’Aurélie Gagnier et de Sophie Vénétitay sont celles de responsables syndicaux. Elles sont pertinentes pour rendre compte des revendications des personnels, mais doivent être distinguées des données administratives et des arbitrages définitifs du gouvernement.