Vaccination contre la grippe en France : les personnes âgées et les soignants encore loin des objectifs de couverture
Vaccination grippe : découvrez pourquoi les seniors et les soignants restent loin des objectifs de couverture en France.
La vaccination contre la grippe demeure insuffisante en France parmi plusieurs publics pourtant considérés comme prioritaires, notamment les personnes âgées, les adultes présentant un risque de forme grave et les professionnels de santé. C’est la conclusion d’une étude coordonnée par Santé publique France et consacrée à l’évolution de la couverture vaccinale et à ses principaux déterminants.
Les auteurs soulignent une tendance générale à la baisse depuis la crise sanitaire liée au Covid-19. Ils appellent à « renforcer les actions pour accompagner les campagnes de vaccination », alors que la couverture reste éloignée de l’objectif de 75 % fixé pour les personnes exposées aux complications de la grippe et pour les soignants.
Des taux très inférieurs aux objectifs sanitaires
Pour la saison 2024-2025, la couverture vaccinale atteignait 53,7 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Elle ne s’élevait qu’à 25,3 % chez les personnes à risque âgées de moins de 65 ans. Chez les professionnels de santé exerçant en Ehpad, le taux était encore plus faible, à 24,2 %.
Les écarts sont également importants selon les professions. La vaccination concernait 34,2 % des infirmiers et 19,3 % des aides-soignants. De manière récurrente, les taux observés chez ces deux catégories sont inférieurs à ceux enregistrés parmi les médecins. Les résultats suggèrent toutefois que la couverture peut progresser lorsque les établissements mettent en place des mesures de soutien ou facilitent concrètement l’accès à la vaccination.
Les résidents des Ehpad constituent une exception relative. Leur couverture s’élevait à 82,7 % en 2024-2025, un niveau supérieur à celui observé dans les autres groupes étudiés. Il reste néanmoins inférieur à celui de la saison 2020-2021, durant laquelle plus de 90 % des résidents avaient été vaccinés.
Des inégalités sociales et territoriales persistantes
L’étude met en évidence de fortes disparités sociales. Chez les personnes âgées et les femmes enceintes, la couverture vaccinale augmente avec le niveau d’études et le revenu. Les personnes les plus favorisées se font donc davantage vacciner que celles qui disposent de ressources économiques ou scolaires plus limitées.
Les différences sont aussi géographiques. Les populations ultramarines et celles du quart sud-est de la France hexagonale présentent des niveaux de vaccination plus faibles. Selon Santé publique France, ces territoires connaissent également des difficultés comparables pour d’autres vaccinations, notamment contre le papillomavirus humain, la rougeole ou la coqueluche.
Ces écarts ne peuvent pas être réduits à la seule décision individuelle. Ils peuvent aussi traduire des différences d’accès à l’information, aux professionnels de santé ou aux dispositifs de vaccination. Les auteurs plaident ainsi pour des campagnes mieux accompagnées et adaptées aux publics les moins vaccinés.
Une baisse accentuée après la crise du Covid-19
Les données analysées couvrent une longue période, de 2007 à 2025, à partir du Système national des données de santé. Elles montrent que la couverture vaccinale a reculé depuis la crise du Covid-19, quelle que soit la population examinée. Cette évolution intervient alors que la grippe touche chaque année plusieurs millions de personnes et peut entraîner des complications chez les personnes fragiles.
La vaccination est recommandée et prise en charge pour les personnes exposées à un risque de forme grave ou de complications, ainsi que pour les professionnels de santé, en particulier lorsqu’ils sont en contact avec des patients vulnérables. Elle vise à protéger directement les personnes vaccinées, mais aussi à limiter la transmission dans les établissements accueillant des personnes âgées ou malades.
En juillet, la Haute Autorité de santé a recommandé de rendre obligatoire la vaccination contre la grippe pour les soignants. Le gouvernement devait encore préciser les modalités d’une éventuelle mise en œuvre. À ce stade, cette annonce ne constitue donc pas, à elle seule, une obligation généralisée déjà applicable.
Une source institutionnelle solide, mais des comparaisons à manier avec prudence
Les résultats reposent sur des travaux publiés par Santé publique France, organisme public chargé de la surveillance épidémiologique et de la prévention. La source apparaît donc solide et directement compétente sur le sujet. Les données issues du Système national des données de santé offrent en outre une base large pour suivre les évolutions de la vaccination.
Les comparaisons entre les périodes doivent toutefois être interprétées avec prudence, car les méthodes de calcul et les populations étudiées peuvent varier selon les années. L’article initial mêle notamment des données nationales, des estimations concernant les Ehpad et des résultats issus d’analyses spécifiques. Les chiffres doivent donc être rapportés à leur saison et à leur groupe de population. Malgré ces précautions, le constat central est cohérent : la vaccination contre la grippe reste insuffisante chez plusieurs publics prioritaires et demeure marquée par d’importantes inégalités.