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Nutri-Score obligatoire : la pétition dépasse 100 000 signatures alors que l’affichage du logo recule dans les rayons

Nutri-Score obligatoire : la pétition dépasse 100 000 signatures, tandis que l’affichage du logo recule légèrement selon l’Oqali.

La pétition visant à rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur les produits alimentaires a franchi le seuil symbolique des 100 000 signatures vendredi 25 septembre. Déposée sur le site de l’Assemblée nationale, elle entend remettre au centre du débat la question de l’information nutritionnelle des consommateurs, alors que l’usage du logo semble marquer le pas dans les rayons.

Une mobilisation pour rendre le Nutri-Score obligatoire

Le texte de la pétition demande que tous les aliments concernés affichent le Nutri-Score, système qui classe les produits de la catégorie A à la catégorie E en fonction de leur qualité nutritionnelle. Le franchissement des 100 000 signatures constitue un cap important pour ses initiateurs, qui espèrent désormais que cette mobilisation citoyenne pèsera dans les discussions parlementaires.

« Nous nous réjouissons de la forte mobilisation des citoyens et des nombreuses structures qui ont relayé notre appel », a déclaré Serge Hercberg, professeur émérite en nutrition à l’université de la Sorbonne. Co-créateur du Nutri-Score et de la pétition, il entend poursuivre la campagne afin d’amplifier le soutien recueilli et de replacer l’obligation d’affichage parmi les sujets examinés par les députés.

Le seuil atteint ne signifie toutefois pas, à lui seul, que le Nutri-Score deviendra obligatoire. Il traduit une mobilisation importante, mais l’évolution de la réglementation dépendra ensuite des débats politiques et des décisions des pouvoirs publics. La pétition constitue donc un instrument de pression et d’interpellation, plutôt qu’une garantie de modification immédiate des règles applicables aux fabricants.

Un recul de l’affichage dans les rayons

Cette initiative intervient dans un contexte moins favorable au Nutri-Score. Selon une note de l’Observatoire de l’alimentation, le volume de produits affichant le logo aurait diminué pour la première fois entre 2024 et 2025. La baisse serait liée au désengagement de plusieurs marques nationales, après plusieurs années de progression.

D’après les estimations citées dans l’article, la part de marché des marques affichant le Nutri-Score serait passée de 64 % des volumes de ventes en 2023 et en 2024 à 63 % en 2025. Ces chiffres concernent les grandes et moyennes surfaces ainsi que les circuits spécialisés. Le recul apparaît limité, mais il rompt avec la dynamique de croissance observée jusqu’alors et alimente les interrogations sur l’avenir du dispositif.

L’Observatoire de l’alimentation, ou Oqali, est présenté comme étant piloté par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Cette origine institutionnelle renforce la crédibilité générale des données citées. Néanmoins, les chiffres rapportés restent des estimations, et l’article ne fournit ni le titre exact de la note, ni sa méthodologie détaillée, ni son périmètre complet. Ils doivent donc être interprétés avec prudence.

La révision du calcul au cœur des tensions

Le recul de l’affichage intervient après une évolution du mode de calcul du Nutri-Score. Cette mise à jour vise notamment à mieux prendre en compte la teneur en fibres de certains aliments et à évaluer plus sévèrement les produits riches en sucre ou en sel. Ces changements ont pu modifier la note attribuée à certaines références et susciter des réactions au sein de l’industrie agroalimentaire.

En mai, Serge Hercberg avait ainsi affirmé que de nouveaux grands groupes, dont Kellogg’s, avaient quitté « discrètement » le dispositif pour certains produits. Cette déclaration constitue un élément important du débat, mais elle est rapportée ici sans réponse des entreprises concernées ni données détaillées permettant de mesurer l’ampleur exacte de ces retraits. Elle doit donc être considérée comme la position d’un défenseur du Nutri-Score, et non comme un constat indépendant établi à lui seul.

Dans ce contexte, la pétition cherche à transformer un dispositif aujourd’hui fondé sur l’adhésion volontaire en une obligation générale. Ses promoteurs estiment que cette évolution permettrait de garantir une information comparable sur l’ensemble des produits. Les opposants ou les marques qui se retirent du système pourraient, à l’inverse, contester les effets de la nouvelle méthode de calcul ou les contraintes liées à son application.

La fiabilité des sources citées apparaît donc globalement solide pour les données institutionnelles attribuées à l’Oqali, à l’Inrae et à l’Anses, sous réserve de consulter la note originale. Les déclarations de Serge Hercberg sont utiles pour comprendre la position des initiateurs, mais elles relèvent d’une source directement engagée dans la campagne. Une évaluation complète nécessiterait enfin la publication du nombre exact de signatures, la vérification de la date du dépôt et la confrontation avec les réactions des industriels et des autorités compétentes.

La rédaction de Commons

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