Violences périscolaires à Paris Anne Hidalgo reconnaît des défaillances dans la protection des enfants devant le Sénat
Violences périscolaires Paris : Anne Hidalgo reconnaît des défaillances devant le Sénat, tandis que les enquêtes judiciaires se poursuivent.
Auditionnée mardi 15 septembre 2026 par les sénateurs, l’ancienne maire de Paris Anne Hidalgo a reconnu des « défaillances » dans la protection des enfants au sein des activités périscolaires. « Nos institutions ont failli », a-t-elle déclaré, évoquant un « échec collectif » impliquant notamment la Ville de Paris, les collectivités locales, l’Éducation nationale, la police et la justice.
Cette audition intervient alors que plusieurs familles ont déposé plainte au sujet de violences sexuelles présumées commises dans le cadre périscolaire parisien. Des investigations ont été lancées par la justice et visent notamment Anne Hidalgo, son successeur Emmanuel Grégoire ainsi que Patrick Bloche, ancien adjoint chargé des affaires scolaires. Ces plaintes cherchent à déterminer d’éventuelles responsabilités dans la manière dont les signalements ont été traités. À ce stade, elles ne préjugent pas de l’issue des procédures.
Anne Hidalgo reconnaît des dysfonctionnements dans le traitement des signalements
Devant la mission d’information sénatoriale consacrée à la prévention et au traitement des violences dans le périscolaire, Anne Hidalgo a estimé que les dispositifs existants n’avaient pas permis de protéger suffisamment les enfants. « Si nous sommes ici devant vous aujourd’hui, c’est parce que nos institutions […] ont failli dans la protection de nos enfants », a-t-elle déclaré.
L’ancienne maire, qui a dirigé Paris de 2014 à 2026, a toutefois contesté l’idée d’un problème systémique au sein du périscolaire municipal. Interrogée sur ce point par la rapporteure de la mission, la sénatrice Les Républicains Agnès Evren, elle a plutôt décrit une succession de défaillances dans l’application des procédures et dans la circulation de l’information.
Anne Hidalgo a notamment reconnu que les signalements ne s’étaient pas déroulés « de manière satisfaisante » dès les premiers cas apparus plusieurs années auparavant. Selon elle, certaines chaînes d’information n’ont pas fonctionné correctement, empêchant une transmission suffisamment rapide des alertes et une réponse adaptée de la part des services concernés.
Une doctrine de suspension qui n’aurait pas été appliquée jusqu’au bout
L’ancienne maire a également évoqué un rapport de l’Inspection générale de la Ville de Paris commandé en 2015. Elle a regretté qu’une partie de ses recommandations n’ait pas été mise en œuvre de façon satisfaisante, en raison, selon elle, du non-respect de consignes qu’elle avait données.
Elle a particulièrement insisté sur la règle qu’elle souhaitait voir appliquée en cas de signalement concernant un agent. « La doctrine que j’ai demandé d’appliquer […] était une suspension immédiate de l’agent », a-t-elle expliqué, afin qu’il ne puisse plus être remis en contact avec des enfants pendant l’examen de la situation.
Anne Hidalgo a cependant maintenu qu’elle avait cherché, au cours de ses mandats, à renforcer les procédures de prévention et de signalement. Elle a aussi reconnu que ces mesures n’avaient pas suffi à empêcher des personnes soupçonnées d’avoir commis des violences d’intervenir auprès d’enfants.
Une séquence politique et judiciaire encore ouverte
La mission sénatoriale poursuit ses auditions avec plusieurs responsables ou anciens responsables de la Ville de Paris. Patrick Bloche, qui a notamment été chargé des affaires scolaires et premier adjoint d’Anne Hidalgo, devait être entendu le même jour. Emmanuel Grégoire, devenu maire de Paris après avoir été adjoint pendant plusieurs années, devait à son tour répondre aux questions des sénateurs le mercredi 16 septembre.
Ces auditions parlementaires ne remplacent pas les enquêtes judiciaires en cours. Elles doivent permettre de comprendre les mécanismes de signalement, les éventuelles ruptures dans la chaîne de décision et les moyens de prévenir de nouvelles violences dans les accueils périscolaires. Les responsabilités individuelles devront, elles, être établies par la justice sur la base des éléments recueillis dans les procédures.
Fiabilité des sources : les informations relatives à la date de l’audition, à son cadre institutionnel et au calendrier des auditions ont été recoupées avec les publications officielles du Sénat, qui constituent la source la plus fiable pour les travaux parlementaires. Les éléments concernant les plaintes et les investigations judiciaires ont été confrontés à des dépêches de l’Agence France-Presse et à des articles du Monde et de TF1 Info, médias disposant de rédactions professionnelles et de procédures de vérification. Le chiffre de « plus de 200 enquêtes pénales » mentionné dans le texte initial n’a pas été retenu, faute de confirmation suffisamment solide dans les sources consultées.