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Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages

À l’UMIH, Stéphane Manigold soutient Brice Sannac sans être candidat et pèse sur la présidentielle de la fédération.

À l’UMIH, la campagne présidentielle offre cette année un joli numéro de prestidigitation. Stéphane Manigold ne sera pas candidat. Entendez bien : il ne demandera pas les voix, ne posera pas pour la photo officielle, ne verra pas son nom imprimé sur les bulletins. Il a choisi de « garder sa liberté ». Quel soulagement.

Car cette liberté nouvelle lui permet précisément de faire tout ce qu’un candidat fait d’ordinaire, à l’exception de risquer de perdre. Soutenir publiquement Brice Sannac, exécuter le bilan de Franck Chaumès — « catastrophique », dit-il à l’AFP —, distribuer les bons points, les mauvais et, au besoin, les consignes de vote. Libre, oui. Neutre, certainement pas.

En 2022, Manigold avait tenté sa chance face à Thierry Marx. Le soufflé était retombé avant le dessert. Quatre ans plus tard, voilà l’ancien prétendant reconverti en faiseur de roi. C’est moins fatigant : on ne s’expose plus au suffrage des fédérations, mais on conserve l’ivresse des couloirs, des téléphones qui chauffent et des fidélités qui se négocient autour d’un café serré.

Le problème n’est pas qu’un professionnel prenne position. L’UMIH n’est pas un monastère, et les restaurateurs ne sont pas réputés pour servir la politique sans assaisonnement. Le problème est que le soutien prend l’allure d’une procuration. À force d’embrasser avec tant d’ardeur la candidature de Brice Sannac, Manigold finit par lui coller son étiquette dans le dos.

Sannac a donc une petite explication à fournir aux 35 000 adhérents et aux 106 fédérations : est-il candidat à la présidence de l’UMIH, ou candidat à la présidence de l’UMIH avec service après-vente Manigold inclus ? La nuance mérite d’être éclaircie avant la livraison.

Personne ne prétend qu’un pacte secret aurait été signé au fond d’une arrière-salle, entre deux additions et un digestif. Les pactes les plus efficaces ne passent d’ailleurs jamais par écrit. Ils se lisent dans les soutiens trop appuyés, les adversaires soudain désignés à la vindicte et les ambitions qui, après avoir raté le fauteuil, s’accommodent fort bien d’en occuper l’accoudoir.

Le 13 octobre, Manigold ne figurera donc pas sur le bulletin. Mais il pourrait bien apparaître dans le reflet du vainqueur. Et les présidents départementaux, qui ne sont pas nés de la dernière pluie, sauront regarder derrière le rideau.

La rédaction de Commons

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