Pêcheurs mobilisés à Fos-sur-Mer contre la hausse du carburant et la dégradation de leurs conditions d’activité en Méditerranée
Carburant, coûts d’exploitation et contraintes : les pêcheurs bloquent Fos-sur-Mer et réclament des réponses concrètes au gouvernement.
Plusieurs dizaines de pêcheurs ont bloqué, mardi 15 septembre dès le début de la matinée, la sortie d’un dépôt pétrolier à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Cette action vise à dénoncer la hausse des prix du carburant, qui alourdit fortement les coûts d’exploitation des navires, ainsi que la dégradation générale des conditions d’activité dans le secteur.
Selon Ange Natoli, représentant des pêcheurs cité par l’Agence France-Presse (AFP), le blocage a commencé vers 3 heures du matin. Les manifestants réclamaient notamment d’être reçus par Catherine Chabaud, ministre de la Pêche. Dans la matinée, la ministre a indiqué qu’elle rencontrerait les professionnels « dans les prochains jours » et qu’elle avait « pris acte de leurs revendications ».
Un dépôt pétrolier bloqué par des pêcheurs et des camions-citernes
La préfecture a confirmé l’occupation de la sortie du terminal pétrolier de Fos-sur-Mer. D’après les autorités, une cinquantaine de camions-citernes étaient concernés par le blocage. Aucun incident majeur n’a été signalé au cours de la mobilisation, à l’exception d’un feu de palettes, selon la même source.
Le choix d’un site pétrolier traduit l’importance de la question du carburant pour les professionnels de la mer. Pour les navires de pêche, le coût du gazole constitue une dépense directement liée à l’activité. Lorsque son prix augmente, la rentabilité des sorties en mer peut être fragilisée, en particulier pour les entreprises qui disposent de marges limitées.
Cette mobilisation ne se limite toutefois pas à Fos-sur-Mer. La veille, plusieurs dizaines de pêcheurs avaient déjà manifesté à Sète, dans l’Hérault, et à Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales. À Sète, une délégation de représentants syndicaux avait été reçue en préfecture, mais elle n’avait obtenu aucune réponse jugée satisfaisante à ses demandes, selon Bernard Perez, président du comité régional des pêches d’Occitanie.
Une contestation coordonnée en Méditerranée
Bernard Perez avait alors prévenu que le mouvement pourrait se durcir. Les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Corse, ainsi que les trois organisations de producteurs de Méditerranée et plusieurs syndicats de marins, salariés comme employeurs, ont appelé à une mobilisation commune.
Dans un communiqué, ces organisations ont affirmé que le mouvement se poursuivrait tant que des réponses concrètes ne seraient pas apportées aux principales revendications de la profession. Leur colère porte sur la hausse des coûts d’exploitation et du carburant, mais aussi sur l’accumulation des contraintes administratives et réglementaires auxquelles les entreprises de pêche doivent se conformer.
Les professionnels évoquent ainsi une « dégradation continue » de leurs conditions d’activité. Au-delà de l’urgence liée au prix du carburant, ils demandent une réponse plus globale sur la viabilité économique de leur métier et sur le poids des obligations qui encadrent la pêche.
Des chiffres officiels pour mesurer le poids du secteur
La France figure parmi les principaux producteurs européens de produits de la pêche. Elle occupe le deuxième rang, derrière l’Espagne, avec 477 000 tonnes de poissons et de crustacés pêchées en 2024. D’après les données du gouvernement citées dans l’article, ce volume est resté presque stable par rapport à 2023, avec une progression limitée à 1 %.
Ces chiffres donnent une indication du poids économique de la filière, mais ils ne permettent pas, à eux seuls, d’évaluer la situation financière des pêcheurs. Le niveau des captures ne renseigne ni sur les revenus effectivement dégagés ni sur l’évolution des charges, notamment celles liées au carburant.
Les informations relatives au blocage reposent principalement sur les déclarations d’un représentant des pêcheurs, sur les éléments communiqués par la préfecture et sur les propos attribués à la ministre. Ces sources sont pertinentes pour rendre compte du déroulement immédiat de la mobilisation et des réactions officielles. La préfecture constitue la source la plus directement compétente concernant la circulation et la sécurité autour du dépôt, tandis que l’AFP apporte un relais journalistique permettant de confronter les déclarations des différents acteurs. Les données sur la production de pêche sont, elles, attribuées au gouvernement et apparaissent comme la source statistique de référence dans le texte. En revanche, l’article ne fournit pas d’éléments indépendants permettant de mesurer précisément l’impact économique du blocage ou de vérifier l’ensemble des revendications avancées par les organisations professionnelles.